15-34 ans, les marathoniens de l’emploi

La génération Y se prépare à des carrières très longues, beaucoup envisageant même d’être au travail au moment de leur mort. Du coup, selon une étude mondiale de Manpower, ils planifient différemment leur vie.

On les appelle la génération Y, ils ont entre 15 et 35 ans aujourd’hui et le monde du travail n’est déjà plus le même que celui la génération X (nés entre 1966 et 1976).  Ils représenteront 35% de la population mondiale en 2020 et Manpower vient de publier la première partie d’une étude mondiale, « Génération Y et  carrières ». 19 000 jeunes interrogés dans 25 pays et la première conclusion est qu’ils envisagent tous leur carrière comme un marathon. Un jeune Français sur deux s’attend ainsi à travailler après 65 ans et 16% prévoient même d’être encore en activité à plus de 70 ans. Plus frappant : 8% des Français de 15 à 35 ans pensent qu’ils travailleront probablement encore au jour de leur mort. Au Japon, ils sont plus d’un tiers à le penser. Les Chinois sont 18% à le penser et les Grecs arrivent en troisième position. Du coup, comme les carrières s’annoncent longues, 84 % d’entre eux prévoient d’entrecouper leur carrière de congés sabbatiques ou de longue durée.

Pour autant, les Y sont relativement confiants dans leurs perspectives de carrière. Même en France, nation parfois considérée comme plus pessimiste, ils pensent majoritairement qu’ils pourront trouver rapidement ou retrouver rapidement un emploi. Mais tous, en France, plébiscitent l’emploi à temps complet (73%), loin devant les nouvelles formes d’emploi. La sécurité de l’emploi (84%) arrive en seconde position derrière l’argent (86%), même si cela ne les empêche pas d’être ouverts à de nouveaux modes de travail à l’avenir – free-lance, « petits boulots » ou cumul de plusieurs activités rémunérées. Ils sont 34 % au niveau mondial à envisager de travailler en auto-entrepreneur contre 22% en France). Autre particularité de cette génération, une forte tendance à travailler beaucoup : en France 38% travaillent plus de 40 heures par semaine et 17% plus de 50 heures. Leur moyenne de travail est de 44 heures par semaine, au Canada, de 47 heures en Suisse et en Grèce, de 48 heures par semaine aux Pays-Bas et en Chine et de 52 heures en Inde !

Quant à l’Italie, ce n’est pas un pays pour les jeunes. L’Istat, l’équivalent italien de l’Insee, le montre dans un rapport très pessimiste sur la génération Y. Plus de 46% des enfants d'immigrés et plus de 42% des enfants d'italiens veulent partir à l'étranger et les moins de 25 ans représentent aujourd’hui moins d'un quart de la population, soit deux fois moins qu’il y a 90 ans, année de création de l’Istat. Une bonne raison pour l’exode, voire même la baisse de natalité ? Le chômage : 38% sont sans emploi contre une moyenne européenne de 22%. Du coup, 62,5% des 18-34 ans vivent encore chez leurs parents contre 48,1% en moyenne en Europe. Et faire de bonnes études n'est même plus un gage d'indépendance puisque le taux d’emploi des 30-34 ans diplômés baisse sans cesse : il est en 2015 de 73,7%, il était de 79,5% en 2005. Conséquence : les Italiens nés après 1980 vont devoir travailler jusqu’à 75 ans pour toucher une retraite à taux plein

AC