97 % des offres d’emploi aboutissent réellement

Une enquête de Pôle emploi montre que si la pénurie de main d’œuvre ou son inadéquation varient selon les secteurs industriels et la taille des établissements, seuls 3 % des offres ne trouvent pas preneurs.

350 000 postes seraient à pourvoir et la solution serait à chercher du côté des chômeurs, pour que le marché du travail s’équilibre. L’idée est assez largement partagée mais ne résiste pas forcément à l’épreuve de la réalité. L’enquête de Pôle emploi, qui vient d’être rendue publique, a été effectuée durant l’été 2013 auprès de 46 000 entreprises et établissements. Elle nuance en effet largement ce phénomène.
 
Afin de mesurer les difficultés de recrutement rencontrées par les entreprises, Pôle emploi a analysé sur deux mois les offres annulées ou satisfaites. Ces dernières représentent 69 % des offres clôturées. Première information rassurante, seuls 3 % de l’ensemble des offres clôturées a fait l’objet d’un abandon de recrutement. Ce dernier s’explique dans près de la moitié des cas par la disparition du besoin de l’établissement (manque de budget, recrutement en interne…). Cela dit, 64% des entreprises reconnaissent avoir rencontré des difficultés dans leur procédure de recrutement. La première étant une pénurie de main d’œuvre ou une inadéquation des compétences disponibles. Voire, dans une moindre mesure, une insuffisance de diplômes ou un manque de motivation des candidats. Des résultats cependant à tempérer car 4 employeurs sur 10 ayant rencontré ce type de difficultés reconnaissent n’avoir fait aucune concession quant au profil recherché. Pour Pôle emploi, cette pénurie serait alors relative et mettrait surtout en lumière la complexité de sélectionner le candidat idéal.
 
L’analyse est corroborée par les disparités des difficultés rencontrées par les employeurs selon les secteurs, le type de poste recherché, la nature du contrat et la taille de l’entreprise. Ainsi, les offres de contrat à durée déterminée inférieures à six mois déposées par de petits établissements pour des emplois essentiellement ouvriers, dans la construction, l’agriculture ou l’interim connaissent le taux d’abandon le plus élevé (20,9 %). Complexité également pour embaucher des cadres ou agents de maîtrise en CDI. En revanche, recruter quelqu’un avec le statut d’« employé » dans la santé, l’enseignement ou l’administration publique n’est pas perçu comme difficile. Par ailleurs, plus la taille de l’établissement recruteur est importante, plus les difficultés s’amenuisent. Plus des deux tiers des sociétés de moins de 10 salariés déclarent avoir rencontré au moins une difficulté, alors que ce chiffre descend à 58,4 % pour les boîtes supérieures à 50 salariés, sans doute mieux armées pour mener à bien une embauche.
 
Les difficultés rencontrées par les entreprises dans leur processus de recrutement dépendraient donc davantage de la taille et du secteur d’activité que de la nature de l’offre ou de la mauvaise volonté des candidats. Et, souligne Pôle emploi, il faut se garder d’avoir une « vision statique » du marché de l’emploi laissant à penser qu’il y aurait en permanence un stock d’offres non fournies alors que le flux entre les offres déposées, finalisées et abandonnées est constant.
 
Florence Raillard