Emploi en Outre-Mer : un léger mieux

Une web conférence dédiée à l'emploi en Outre-Mer. C'était sur l'Emploi Store le 2 juin dernier. L'occasion de faire le point sur le marché du travail ultra-marin et les perspectives d'embauche pour 2016.

C'est sur une note d'optimisme que s'est ouverte la 5ème édition de la web conférence de Pôle emploi consacrée à l'Outre-Mer, le 2 juin dernier, alors que le taux de chômage est en moyenne plus de 10 points au-dessus de la moyenne nationale. Avec une progression de 0,5 % de l'emploi salarié en 2015 et plus de 55 000 embauches prévues en 2016, l'Outre-Mer présente, selon Firmine Duro, directrice régionale de Pôle emploi Guyane, « des indicateurs bien orientés ».

Réunissant des acteurs publics (Pôle emploi, France Entrepreneur, Ladom) et privés de l'emploi (Vinci, Hippopotamus), la webconférence sur l'Outre-Mer a été l'occasion de répondre en direct aux interrogations des internautes via les réseaux sociaux et de présenter un tableau général de l'emploi en Guyane, Martinique, Guadeloupe, à Mayotte et à la Réunion. Si le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) apparaît comme le secteur le plus porteur en 2016, la filière de la banane en Martinique, le secteur nautique en Guadeloupe ou encore celui de l'optique à la Réunion ne sont pas en reste.

« 27 % des entreprises prévoient des recrutements en 2016, indique Firmine Duro. Le BTP est le secteur où l'on recrute le plus, la dynamique la plus forte s'observant à Mayotte où les prévisions d'embauche connaissent une hausse de 19 % par rapport à 2015 ». Aurélie Mottier, DRH Dom-Tom de Vinci Construction confirme : « Nous recherchons de nouvelles recrues dans trois filières en particulier, les travaux, l'étude de prix et la filière administrative et financière ». Avec 2500 collaborateurs et 25 filiales en Outre-Mer, le groupe de BTP recrute en moyenne 80 personnes chaque année dans les départements d'Outre-Mer. « Nous recherchons surtout des profils expérimentés type ingénieurs et BTS », poursuit la DRH pointant le manque de cursus de formation disponible en Outre-Mer.

Un défi auquel l'Agence de l'Outre-Mer pour la mobilité (Ladom) tente de répondre en facilitant la mobilité des ultra-marins. « Ladom intervient lorsqu'un demandeur d'emploi ne trouve pas en Outre-Mer la formation qui répond à son projet professionnel », explique Sophie Onado, secrétaire générale de Ladom. Ils sont ainsi 4 à 5000 chaque année à effectuer un « parcours de mobilité » et à bénéficier des services de l'agence avec un taux de réussite de 78 % en terme de certification et un taux d'insertion de 59 % six mois après la sortie du dispositif. « Ladom finance trois types de formation, précise Sophie Onado, des formations qualifiantes, celles qui font l'objet d'un partenariat avec les entreprises et celles répondant aux besoins des régions ». Pour inciter les ultra-marins à la mobilité et lutter ainsi contre le chômage qui reste très élevé en Outre-Mer, Ladom prend en charge, sous certaines conditions, les frais de déplacement, d'installation, ainsi que les frais pédagogiques de formation.

Pour Laure Thiebault de France Entrepreneur, « La reprise de l'emploi viendra également de la création d'entreprises ». En 2015, 15 515 entreprises ont vu le jour en Outre-Mer dont 5 800 à la Réunion, plus de 4 000 en Guadeloupe, plus de 3 000 en Martinique et 1 609 en Guyane. Les départements d'Outre-Mer bénéficient d'un dispositif d'aides et de soutien à la création d'entreprise spécifique. Outre des aides financières de l'Etat telles que le dispositif PIJ (Projet Initiative Jeunes) à destination des jeunes, les créateurs d'entreprise font l'objet de mesures fiscales (réduction de la base imposable) ou sociales (exonération de cotisations sociales pendant une durée de 24 mois). Les micro-entrepreneurs, quant à eux, bénéficient d'un taux réduit de cotisations sociales dans les DOM. En conclusion de la web conférence, Firmine Duro s'est réjouie de la « belle dynamique » à l'œuvre en Outre-Mer, « notamment avec des projets de création d'entreprises ».

Nadia Salem

 

 

 

DROM et COM, quelle différence ?

Les départements et régions d'outre-mer (DROM) sont régis par l'article 73 de la Constitution. Ce statut concerne la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, La Réunion et Mayotte. Leur organisation est la même que celle des départements et régions de métropole mais, depuis une révision constitutionnelle de 2008, ils peuvent être habilités par la loi ou par le règlement à fixer eux-mêmes les règles applicables sur leur territoire, dans un nombre limité de matières (qui excluent la nationalité, les droits civiques, les garanties des libertés publiques, l'état et la capacité des personnes, l'organisation de la justice, le droit pénal, la procédure pénale, la politique étrangère, la défense, la sécurité et l'ordre publics, la monnaie, le crédit et les changes ou le droit électoral).

Les collectivités d'outre-mer (COM) sont régies par l'article 74 de la Constitution. Ce statut concerne Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Wallis-et-Futuna et la Polynésie française. Le statut spécifique de chacune des collectivités d'outre-mer est fixé par une loi organique qui précise leurs compétences et les conditions dans lesquelles les lois et règlements applicables en métropole s'y appliquent (régime de la spécificité législative).

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