Insertion par l’activité économique : l’emploi se maintient

Malgré une légère baisse des nouvelles embauches en 2016, l’insertion par l’activité économique (IAE) ‒ qui permet aux personnes les plus éloignées de l’emploi en raison de difficultés sociales et professionnelles particulières (âge, état de santé, précarité) de bénéficier d’un accompagnement renforcé pour faciliter leur insertion professionnelle ‒ connaît une certaine stabilité, voire une reprise portée notamment par la relance de l’intérim. 

Fin 2016, le secteur de l’insertion par l’activité économique (IAE) comptait un peu plus de 132 000 salariés, un nombre quasi stable par rapport à 2015. Répartis dans un peu plus de 3 700 structures conventionnées par l’État, les salariés de l’IAE sont principalement accueillis dans une association intermédiaire (AI, 44%), un atelier et chantier d’insertion (ACI, 37%), dans une plus faible proportion, dans une entreprise d’insertion (EI, 10%) ou une entreprise de travail temporaire d’insertion (ETTI, 9%).

Contrairement à la tendance observée depuis 2009, les nouvelles embauches diminuent légèrement en 2016 (-0,6%) : 156 900 nouveaux contrats signés contre 157 800 en 2015 (133 000 en 2009).  Elles baissent essentiellement dans les AI (-3,3%) et les ACI

(-2,7%), tandis qu’elles progressent dans les deux autres types de structures.

Rebond du travail temporaire

Dans les entreprises d’insertion (EI), la croissance des embauches (+7,8%) marque une rupture avec la baisse observée les années précédentes. En 2016, le nombre de salariés en insertion poursuit sa hausse de manière accentuée (+4,6% par rapport à l’année précédente). En revanche, le nombre d’EI actives continue de décroître (-0,9% en 2016). « Les EI s’orientent, en effet, vers un nombre plus restreint de structures qui accueillent en moyenne davantage de salariés », précise Sonia Bellit, auteure de l’étude publiée en novembre par la Dares.

L’activité des entreprises de travail temporaire d’insertion (ETTI) reprend, elle aussi, après un recul très marqué en 2014. Ce dynamisme se traduit par un fort rebond des nouvelles embauches (+5,8% en 2016 après +1,3% en 2015), et le nombre de salariés mis à disposition augmente de 8%, à 13 250 fin 2016. Selon la Dares, « la reprise de l’activité, dans les ETTI, s’inscrit plus largement dans le dynamisme du secteur de l’intérim en 2016 ».

Un public majoritairement masculin

Si les embauches se stabilisent dans l’insertion par l’activité économique (IAE), le temps de travail s’est, en revanche, allongé dans l’ensemble des structures : le nombre d’équivalents-temps plein (ETP) est passé de 71 500 à 73 900 entre 2015 et 2016. Les salariés à temps complet sont majoritaires dans les EI (66%), tandis que la quasi-totalité des contrats signés dans les ACI sont à temps partiel, entre 26 et moins de 35 heures dans une majorité des cas.

Plus d’un tiers des salariés en insertion travaillent dans le domaine des services à la personne ou à la collectivité. En revanche, le secteur de la construction est dominant dans les ETTI : 40% des nouveaux salariés en insertion y travaillent.

Par ailleurs, le profil des personnes entrées en parcours d’insertion en 2016 est relativement stable : les hommes, les personnes faiblement diplômées et les bénéficiaires de minima sociaux y sont surreprésentés. Des différences subsistent toutefois entre les structures. Avec près de 60% de femmes, les AI, qui exercent le plus souvent dans le champ des services aux particuliers, font figure d’exception. Les ETTI embauchent, quant à elles, 80% d’hommes et les EI et les ACI près de 70%. « Cette présence massive d’hommes dans les ETTI tient à leur positionnement sur les métiers du bâtiment, à forte dominante masculine », explique la Dares.

Les seniors sont relativement peu représentés, entre 13% des salariés embauchés par les ETTI en 2016 et 18% de ceux embauchés par les AI. Les jeunes de moins de 26 ans représentent, quant à eux, 27% des embauches des AI, 30% de celles des ETTI et 22% des recrutements des EI et des ACI.

Le secteur de l’IAE s’adressant à des publics en grande difficulté, les niveaux de formation y sont généralement faibles : près de 80% des salariés recrutés en 2016 ont un niveau de formation inférieur au baccalauréat et 35% inférieur au CAP.

N.S.
 

  • Plus d'information sur l'étude de la DARES portant sur l'activité économique en 2016

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