La difficulté à se déplacer frein majeur à l’emploi

L’absence de mobilité est un frein à l’emploi. 23% des Français disent avoir renoncé à un travail ou à une formation faute de pouvoir se déplacer. Les pourcentages explosent chez les jeunes et les moins diplômés.

Un quart des Français dit avoir déjà renoncé à un travail ou à une formation «faute de moyen de se déplacer». Les difficultés à être mobile sont de plus en plus un frein à l‘emploi, selon le sondage réalisé pour le Laboratoire de la Mobilité Inclusive*.

Les plus jeunes…

Et les réponses montrent que l’absence de mobilité creuse encore plus les inégalités pré existantes. Les populations les plus jeunes et socialement les plus fragiles (faible niveau de diplôme et faibles revenus) sont les plus touchées par ces problèmes de mobilité et d’accès à l’emploi. C’est ainsi que 43% des 18-24 ans disent avoir renoncé à un entretien faute de pouvoir s’y rendre. 46% ont, eux, refusé une formation pour le même motif. La plupart des résultats du sondage confirment d’ailleurs la fragilité des plus jeunes, les 25-34 ans étant les plus concernés.

…et les plus pauvres particulièrement concernés

L’absence de mobilité creuse non seulement les inégalités d’âges, mais aussi celles d’éducation ou de revenus. Ce sont globalement les populations les moins diplômées et ayant les revenus les plus faibles qui disent souffrir de ce phénomène : 54% des personnes vivant dans un foyer avec moins de 1 000 euros par mois déclarent avoir renoncé à un entretien ou une formation pour cette cause. Les usagers des transports en commun (32% et 39% pour les usagers du bus, 26% et 37% pour les usagers du métro/RER) en souffrent également plus que la moyenne des Français.

Une inégalité également territoriale

C’est enfin une aggravation des inégalités entre territoires, car, les ruraux sont naturellement, le sondage le confirme, les plus pénalisés : 79% des habitants de l’agglomération parisienne estiment avoir des moyens de transport suffisants alors que 77% des habitants de communes rurales estiment le contraire. Tout cela explique que 86% des Français pensent que les difficultés d’accès à la mobilité constituent un frein à l’emploi 

Un quart des répondants n’a aucun moyen de déplacement

Ce sondage confirme l’étude réalisée il y a trois ans par le même Laboratoire de la mobilité inclusive sur la mobilité des personnes disposant de peu de ressources, en insertion et en recherche d’emploi sont moins mobiles que la moyenne. Les ménages pauvres sont deux fois plus nombreux que la moyenne à se déplacer à pied, et ils utilisent plus fréquemment les transports en commun. Dans les enquêtes menées, la moitié des personnes en insertion n’ont pas le permis de conduire, et seuls un tiers disposent d’un véhicule. Un quart des répondants déclarent ne disposer d’aucun moyen pour se déplacer. Ces personnes limitent leurs déplacements liés aux loisirs et à la visite des proches, au profit de l’emploi et des démarches administratives. Ces problèmes de mobilité peuvent concerner jusqu’à 20% des adultes en âge de travailler. Une approche croisant niveau de vie, minima sociaux perçus et situation professionnelle permet d’estimer entre 6 et 8 millions de personnes la fourchette de population en âge de travailler concernée par des difficultés de mobilité. Et une troisième étude, intermédiaire, indiquait déjà que les employeurs étaient parfaitement conscients du problème, puisque 41% d’entre eux disaient en 2015 avoir rencontré des difficultés à pourvoir un poste suite à des problèmes de mobilité. 59% disaient même avoir eu au moins un candidat ayant refusé l’embauche pour ce motif.

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* Le Laboratoire de la Mobilité Inclusive est un think-thank du groupe Total et, avec Wimoov qui fédère les associations de covoiturage , il a fait réaliser par l’institut Elabe un sondage « Mobilité et accès à l’emploi »