Le compte personnel de formation trouve son public

Deux ans et demi après son lancement, le dispositif visant à sécuriser les parcours professionnels est en plein essor. Le dernier rapport annuel du Cnefop en atteste. 

Le compte personnel de formation (CPF) « a trouvé son public ». C’est en gros la conclusion plutôt rassurante du Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles (Cnefop) *, dans son rapport annuel sur la mise en œuvre du CPF (1) rendu public au début de l’été. Pour preuve : au 31 décembre 2016, 3 809 451 comptes personnels de formation étaient activés (contre 2 496 809 à fin 2015), soit une progression de 52,5% sur un an.

Financé par une contribution de 0,2% de la masse salariale des entreprises de plus de 10 salariés, le CPF a été mis en place avec la réforme de la formation professionnelle de 2014. Attaché à une personne tout au long de son parcours professionnel, il repose sur un nombre d'heures créditées chaque année et remplace le DIF (droit individuel à la formation). Un salarié à temps plein reçoit par exemple 24 heures par an, jusqu'à 120 heures, puis 12 heures par an, avec un plafond de 150 heures.

Les demandeurs d’emplois, principaux utilisateurs

Avec 497 501 dossiers validés en 2016 (+139% par rapport à 2015), Le CPF connaît une progression dynamique, y compris auprès des personnes ayant un faible niveau de qualification (30% des dossiers). Essentiellement utilisé par des demandeurs d’emploi (321 595, le double de 2015) le dispositif fait aussi son chemin chez les salariés (175 906, quatre fois plus que l’année précédente). La durée moyenne de formation est de 406 heures pour les demandeurs d’emploi et 91 heures pour les salariés, étant précisé que 40% des dossiers ne mobilisent que les heures acquises.

Au total, quelque 216 millions d’heures ont été financées, dont 12,3 pour le CPF stricto sensu. Le budget consacré au CPF en 2016 était de 1,8 milliard d’euros. Soit un milliard de plus qu'en 2015. Une somme qui devrait être revue à la hausse puisqu’au cours de l’année écoulée, le CPF a été ouvert à de nouveaux publics (fonctionnaires, indépendants...) et a vu son périmètre évoluer (pour financer le permis de conduire ou un bilan de compétences).

Le Conseil regrette néanmoins « l’extrême concentration des choix de certifications éligibles ». Car malgré la dizaine de milliers de certifications proposées, presque 91 % des dossiers ne couvrent que 10% des certifications potentiellement mobilisables. Ainsi, la très grande majorité des demandes continuent de se concentrer sur une poignée d'entre elles, comme l'anglais pour les salariés.

Des pistes d’améliorations du dispositif

Dans son rapport, le Cnefop fait également des recommandations techniques pour démocratiser l’usage du CPF : ouverture automatique du compte sur le site dédié, simulation financière des abondements via le portail du CPA, finalisation d’une cartographie des formations réglementaires. De plus, le Conseil, qui note que « l’information sur les certifications reste largement perfectible », recommande d’améliorer les outils de recherche sur le site du CPF. Parmi les devoirs de vacances du gouvernement, les 10 recommandations du Cnefop pour améliorer le CPF devraient donc figurer en bonne place, le président de la République ayant fait de cet outil la pierre angulaire de la réforme de la formation professionnelle à venir à l’automne.

N.S.

* Créé en 2014, le Cnefop est une instance réunissant l'État, les régions, les partenaires sociaux et les principaux opérateurs du secteur.

 

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