L’emploi des jeunes résiste mieux en Ile-de-France que dans le Grand Londres ou en Catalogne

L’Ile-de-France, en ce qui concerne l’emploi des 15-24 ans, a moins bien résisté à la crise que les 3 grands Länder allemands mais infiniment mieux que la Catalogne, l’Italie du Nord ou le Grand Londres. La tertiarisation et le fort niveau de qualification en sont, selon une étude de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris Ile-de-France (CCIP), les deux principales explications.

Les résultats des différentes politiques pour infléchir le chômage des jeunes n’ont guère été efficaces en Europe depuis 2008. Mais ce constat, issu de la comparaison les grandes régions européens, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris Ile-de-France (CCIP) le précise et montre des résultats assez étonnants. En particulier que l’Ile-de-France s’en tire beaucoup mieux que le Grand Londres ou que Barcelone ou Athènes.

Le taux de chômage des 15-24 ans est de 7,9% en Allemagne mais approche les 50% en Croatie (49,7%), les dépasse en Espagne (55,5%) et en Grèce (58,3%). Et entre les régions européennes équivalentes les différences sont tout aussi marquées. Selon Mickaël Le Priol, le responsable de l’étude, le cas de la région de Barcelone et de Valence est le plus notable. En 2003, le taux de chômage des jeunes si situait à peu près à la moyenne européenne (22,5% et il est même descendu à  15,7% en 2007), mais depuis c’est l’explosion : le seuil des 40% a été dépassé en 2010 et celui des 50% en 2012. En 2013, il était de 51,9%. Idem en Italie ou le taux approche les 40% dans le centre de l’Italie, avec, dans les grandes régions industrielles (Milan, Turin, Bologne, Parme) d’impressionnantes progressions entre 2003 et 2013 de plus de 20%. A l’autre extrême on trouve trois Länder allemands qui, dès 2010, ont infléchi la courbe du taux de chômage de leurs jeunes actifs. « La Bavière, le Bade-Wurtemberg et la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, explique Mickaël Le Priol, présentent les taux les moins élevés des dix régions observées (respectivement 4,9%, 5,4% et 9,4%). Certes, ce maintien de l’emploi des jeunes a été permis par des baisses de salaire ou encore par l’augmentation des postes en intérim, des CDD, des mini-jobs, etc. mais les faits sont là : les trois Länder avaient en 2013 un taux de chômage moins élevé qu’en 2003 (respectivement - 2,3 points, - 2,0 points et – 1,3 point). »

Entre les deux extrêmes, pile au milieu statistique, il y a l’Ile-de-France qui se trouve sous la moyenne européenne avec ses 18,4% des jeunes actifs au chômage en 2013, soit 5,1 points de moins que la moyenne de l’Union européenne. Performance d’autant plus notable que « cet écart s’est inversé à la faveur de l’Ile-de-France puisque, en 2007, le taux de chômage des jeunes franciliens dépassait de 2,5 points celui de l’Union européenne ». Et autre idée reçue battue en brèche, ce taux de chômage des 15-24 ans Franciliens est actuellement inférieur à celui des jeunes londoniens (24,7%, soit un écart de 6,3 points) alors que c’était l’inverse au début des années 2000 en particulier en 2004, après l’éclatement de la bulle Internet. Cette inversion étonnante s’est réalisée progressivement et elle se voit également entre l’Ile-de-France et les autres régions françaises. Alors que le PIB de l’Ile-de-France a souvent moins fortement progressé que celui de Midi-Pyrénées, d’Aquitaine ou de Rhône-Alpes, l’emploi des 15-24 ans y a souvent mieux résisté : la différence entre le taux de chômage des 15-24 ans en Ile-de-France et au niveau national était ténue en 2008 (respectivement 18,8% contre 19,4%) mais la tendance a été à la baisse pour le taux de chômage des 15-24 ans en Ile-de-France qui est actuellement quasiment retombé à son niveau de 2007, alors qu’au niveau national la hausse s’est poursuivie (le taux a atteint 24,9% en 2013) et, « cette déconnexion est d’autant plus notable qu’elle ne s’est pas produite chez les plus de 25 ans ».

L’explication ? Selon Mickaël Le Priol « cette résilience s’explique notamment par la forte tertiarisation. La récession de 2008-2009 et la crise ont particulièrement affecté l’industrie et les emplois manufac­turiers et donc, toutes générations confondues, moins d’emplois ont été détruits en Ile-de-France qu’en province ». Mais il rajoute une autre raison, l’effet « qualification » : les jeunes sont plus qualifiés en Ile-de-France que dans les autres régions. Si les Franciliens âgés de 15 à 24 ans ne représentent que 19,6% de la population française de cette tranche d’âge, ils pèsent pour 27,1% des effectifs de l’ensei­gnement supérieur, pour 33,3% de ceux des écoles de commerce, etc. Ce qui laisse penser que l’Ile-de-France pourrait, selon la CCIP « comparativement aux autres régions françaises, espérer tirer profit des regains d’activité outre-Manche et outre-Atlantique ainsi que du repli de l’euro face aux autres devises ».

Antoine Clause

Etude téléchargeable sur : http://www.crocis.cci-paris-idf.fr/collection-1-Enjeux-Ile-de-France.html

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