Les emplois du sport progressent plus que les autres

Les emplois de la filière sport sont mal connus et mal identifiés. Une première étude complète a été publiée en Île-de-France fin 2016 qui montre que, depuis 2008, ces secteurs connaissent une croissance annuelle moyenne de 3 %.  

L’euro 2016 a été globalement bénéfique pour l’activité des 10 villes concernées par les matchs. Même si les fans zones ont été beaucoup moins fréquentées que prévu, 2,5 millions de spectateurs ont assisté aux 51 matchs de la compétition dans les stades, pour un taux de remplissage moyen dépassant les 90%. On est toutefois assez loin des résultats financiers attendus (1). Raison de plus pour arrêter de se focaliser sur le développement économique lié aux évènements sportifs et de s’intéresser à l’emploi « stable » et en développement de la filière sport. Ce que vient de faire l’IRDS en passant au crible l’emploi lié au sport en Ile de France (2). 

101 500 emplois en Île-de-France

Le secteur d’activité représente 38,1 milliards d’euros en 2013 en France, dont 11,5 milliards en Ile de France. Hormis en 2008 et 2009, le volume financier consacré au sport en France n’a cessé d’augmenter. Et en seule Île-de-France, ce sont 28 400 établissements et plus de 101 000 emplois, à côté des 300 000 à 450 000 bénévoles de l’encadrement associatif des activités sportives. Au sens strict, en ne comptant que les seules professions sportives exerçant dans les secteurs d’activité sportifs, ce ne sont cependant que 38 000 emplois en Île-de-France et 232 000 au niveau national. Mais l’IRDS a inclus toutes les professions sportives (en particulier les 35 000 vendeurs d’articles de sport recensés en Ile de France) pour atteindre 101 000 emplois en Île-de-France, à rapporter aux 551 000 en France. « A titre de comparaison, écrit l’institut, la filière sport engendre des volumes d’emplois comparables au secteur des activités immobilières et deux fois plus que l’industrie automobile ».

Un secteur en croissance

Cela posé, les emplois du champ sportif ont été moins impactés par la crise économique que les autres et sont dans une « phase de croissance modérée » qui devrait continuer d’augmenter : «dans les travaux de prospective sur les métiers, le sport fait partie des secteurs qui seraient les plus créateurs d’emplois, comme la majorité des services à la population (santé, action sociale, éducation, activités récréatives et culturelles…) ». La contraction des financements publics peut bien sur gêner, mais l’emploi sportif continue à progresser : + 17 % d’effectifs depuis 2010, alors que l’emploi salarié francilien n’en a regagné que 2 %. Contrairement à la période précédente, la progression de l’emploi sportif a été plus soutenue en région francilienne que sur le territoire national. Les gisements d’emploi ? Le commerce et l’encadrement de la pratique. Dans le premier cas, ce sont 45 000 emplois en Île-de-France, dont 35 000 emplois de vendeurs d’articles de sports. Dans le second cas, il s’agit de 38 000 emplois, dont 23 000 postes de professeurs et éducateurs sportifs, 45 % d’entre eux travaillant dans un établissement sportif. A cela s’ajoutent les emplois de la fonction publique territoriale sur la politique sportive (10 800 en Île-de-France) et les 5 100 emplois dans la gestion privée des installations sportives franciliennes. Depuis 2008, ces secteurs connaissent une croissance annuelle moyenne de 3 %.

Les traits communs aux métiers du sport

Du vendeur à l’éducateur, les emplois du champ sportif sont très diversifiés en termes de compétences mais ils présentent des similitudes quant aux conditions de travail : ils sont par exemple plus fréquemment à durée déterminée (CDD, intérim, contrat d’apprentissage, emploi aidé) que l’ensemble des emplois franciliens (30 % des éducateurs ont un emploi à durée déterminée), plus souvent en temps partiel (35 % des éducateurs et des vendeurs d’articles de sport) et souvent saisonniers, organisés en saisons sportives avec de grandes pauses estivales. En revanche les métiers de vendeurs sont plus fréquemment occupés par des femmes et les métiers d’éducateurs sportifs majoritairement occupés par des hommes. Cette donnée a une explication : le profil des pratiquants de sport. Avant d’enseigner, les éducateurs ont le plus souvent été eux-mêmes pratiquants. Or ces derniers sont majoritairement des hommes, hormis dans quelques disciplines (équitation, gymnastique) : les femmes ne représentent que 36 % des licences sportives. Enfin ces métiers ont pour caractéristique la jeunesse des personnes en poste : 41 % des vendeurs en articles de sport sont âgés de moins de 25 ans, ainsi que 20 % des éducateurs sportifs.

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> "Euro 2016 : les villes-hôtes ont fait leurs comptes" Localtis 

> "Le sport, gisement d'activités et d'emplois" IRDS. Dossier n° 35 du 1er décembre 2016.

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