Les formations Pôle emploi plus efficaces pour se reclasser

Les formations financées par Pôle emploi ont permis à un demandeur d’emploi sur deux qui les a utilisées de se reclasser. Surtout les demandeurs d’emploi qui ont de multiples expériences professionnelles, révèle une enquête statistique de Pôle emploi.

Un sur deux. Un demandeur d’emploi sur deux a retrouvé un emploi six mois après la fin de sa formation. C’est ce que révèle une enquête menée par Edita Jasaroski et Christel Poujouly de la Direction des statistiques, études et évaluation (DSEE) de Pôle emploi. Un résultat plutôt satisfaisant car il témoigne surtout d’une progression de 5,3 % de 2012 à 2013 et confirme les données de 2012 : le retour à l’emploi demeure toujours plus élevé à la suite d’une formation financée par Pôle emploi (54 % contre 48,9 %) et il existe toujours un écart avec les formations non financées par Pôle emploi même s’il tend progressivement  à se réduire.
               
Les deux auteurs soulignent toutefois que si le taux de retour à l’emploi est également en hausse par rapport à 2012 et demeure plus élevé pour les bénéficiaires d’une formation financée par Pôle emploi et que 90 % des formés affirment que la formation suivie a répondu à leurs attentes, les taux de reclassement se différencient selon le dispositif de formation. Les formations préalables à l’embauche, celles qui forment un stagiaire à un emploi précis avec une embauche à la clé de sa formation, sont bien évidemment celles qui assurent le meilleur retour à l’emploi (79,1 % en 2013), même si certaines de ces formations comme l’Allocation de Formation Conventionnée ont un rendement encore assez faible (36,7 %).
 
Si des disparités se font jour dans les types de dispositif, des inégalités existent également dans les populations concernées. « Dans l’ensemble, expliquent Edita Jasaroski et Christel Poujouly,les hommes se reclassent mieux que les femmes (56,2 % contre 44, 4%), et l’écart est un peu plus marqué qu’en 2012 (11,9 points contre 10,4 points) ». Idem avec les seniors qui, s’ils sont proportionnellement plus nombreux à avoir bénéficié d’une formation en 2013 (16,2 % en 2013 contre 10,8 % en 2012), ont, eux, un taux de reclassement plus faible que le reste des demandeurs d’emploi (35,9 %).

Ceux pour lesquels le système de formation de Pôle emploi fonctionne le mieux sont d’abord les demandeurs d’emplois qui ont une forte expérience professionnelle. C’est, disent les auteurs, « déterminant » : 52,2 % des demandeurs d’emploi ayant une expérience professionnelle sont en emploi six mois après la fin de leur formation, contre 40,4 % de ceux n’ayant jamais ou qu’occasionnellement travaillé. Mieux, c’est assez nouveau, « la multiplication des expériences professionnelles, y compris ponctuées par des périodes de chômage, semble être un atout majeur pour se reclasser ». Cette situation s’avère nettement plus favorable que celle d’avoir connu un emploi régulier : 57,4 % des demandeurs d’emplois ayant des carrières alternant emplois divers et chômage se reclassent contre 49 % des demandeurs d’emplois n’ayant eu qu’un emploi régulier.
Quant à qualité des formations, qu’un emploi ait été trouvé ou non, 9 personnes sur 10 affirment qu’elle a répondu à leurs attentes, même si celle-ci s’est accompagnée néanmoins de difficultés pour un cinquième des personnes enquêtées (essentiellement des difficultés financières). Au final, sept personnes sur dix estiment que la formation les a aidés ou pourra les aider à retrouver un emploi.
 
Antoine Clause

Enquête « sortants de formation 2013 ». Eclairages et synthèses n°5. Juin 2014