L’offre d’emploi se concentre de plus en plus au cœur des métropoles

L’emploi se concentre de plus en plus au cœur des grandes aires urbaines et ce n’est pas forcément inquiétant. C’est une enquête de Terra Nova et Jobijoba qui le montre sur les 15 plus grandes aires urbaines françaises, 6 millions d’offres et 1 million de demandes.

L'offre au cœur des villes

L’activité économique, ou tout au moins l’offre d’emploi, se concentre de plus en plus dans le cœur des métropoles. C’est le résultat de l’étude Terra Nova/Jobijoba qui confirme ce que certains travaux d’économistes commencent à montrer, ceux de Philippe Estèbe et Laurent Davezies en particulier : les « ville-centre de ces grandes aires urbaines, qui abritent environ un quart de la population de ces ensembles, drainent à elles seules entre 50% et 60% des offres d'emploi en ligne observées en 2015 ». Et Terra Nova/Jobijoba ajoute : « cette domination des ville-centre est également qualitative : plus on s'approche du cœur des métropoles, plus les emplois proposés sont stables et mieux rémunérés. »

Evidemment, au cœur des villes ce sont les activités tertiaires avancées, celles liées à l’économie de la connaissance et de l’information ou aux fonctions siège et support des entreprises qui dominent. Mais, l’étude apporte aussi une deuxième confirmation, à savoir les écarts importants entre la dispersion géographique des offres et celle des recherches.

Les appariements ne sont clairement pas parfaits. Ainsi, Terra Nova et Jojiba mettent en évidence des aires urbaines où l’adéquation entre offre et demande est bonne. Le problème subsiste autour des espaces où l’offre est dense et la recherche d’emploi plus faible : à Grenoble, Rouen, Toulon, Nantes...

90% des offres dans les pôles urbains

L’étude met également en évidence d’autres aires comme Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse... où les concentrations des recherches et des offres se croisent dans la ville-centre, mais restent « assez largement désajustées dans le reste de l'aire urbaine ».

On retrouve ainsi de larges espaces où les recherches se concentrent dans des zones de faible densité d'offre ou l’inverse. « C'est dans ces agglomérations que les offres d'emploi et les attentes des candidats se recouvrent le plus imparfaitement ».

Le décrochement des zones périurbaines est enfin manifeste : « 90% des offres d’emploi en ligne, recensées dans les 15 plus grandes aires urbaines françaises, se situent à l’intérieur des pôles urbains. Même observation pour les recherches d’emploi : 88% des recherches en ligne ciblent les pôles urbains ». Lille, Bordeaux, Nice, Rouen ou Montpellier en sont les plus parfaits exemples. Ces variations peuvent être liées à la morphologie géographique de l’aire urbaine et à des effets de spécialisation économique mais, dans l’ensemble, « les écarts restent très prononcés ». Ce sont dans ces zones périurbaines ou la qualité des emplois proposés est également la plus dégradée : CDD et Intérim représentent 51% des offres d'emploi dans la couronne contre 37,6% dans le pôle urbain.

Un phénomène inquiétant ?

Pas forcément selon Terra Nova : « si les emplois s'étalaient de la même façon que la population, rien ne garantirait que des offres en seconde couronne seraient accessibles aux actifs habitant en seconde couronne mais dans d'autres quadrants de l'aire urbaine.

Au contraire : ces emplois seraient moins accessibles pour eux, voire deviendraient inaccessibles car situés à plus d’une heure de trajet de leur lieu de résidence. La concentration des emplois dans le centre de l'aire urbaine, qui peut inquiéter les élus de la couronne, permettent en réalité un meilleur fonctionnement du marché du travail, au bénéfice des entreprises et des actifs, un meilleur appariement offre-demande, et une meilleure accessibilité grâce aux transports radiaux.

En bref, alors que beaucoup déplorent la périurbanisation des ménages, c'est celle des emplois qui serait réellement dangereuse et potentiellement sclérosante » selon cette enquête.

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