A quoi ressemble le demandeur d’emploi aujourd'hui ?

En vingt ans, le profil du demandeur d'emploi a profondément changé selon la Direction des Etudes Statistiques de Pôle emploi : plus âgé, plus fréquemment en activité réduite et de longue durée, et la demandeuse d’emploi est en général plus diplômée. Principaux résultats de cette analyse statistique depuis 1996.

Des demandeurs d'emploi de plus en plus âgés

En 1996, 4% des demandeurs d'emploi ont plus de 55 ans. Vingt ans après ils représentent 13% de cette même population. Quant aux plus de 60 ans, ils représentent 5% des demandeurs d'emploi alors qu'il n'y en avait quasiment aucun en 1996. Si l'évolution est très nette en vingt ans, le vieillissement « s’est fortement accéléré au début des années 2010 ». En fait le nombre de demandeurs d'emploi de plus de 55 ans n'a augmenté que de 5 points entre 1996 et 2009, mais de 7 points de 2010 à 2015. Il y a bien sûr l'explication économique et les effets de la crise de 2008, le vieillissement de la population, mais aussi le phénomène technique depuis le début des années 2010 lié à la suppression de la dispense de recherche d’emploi en 2008. 350 000 personne de plus depuis cette date ont dû ainsi s'inscrire auprès de Pôle emploi et ont été comptabilisées.

Le phénomène est très significatif pour les plus de 60 ans. Pour la première fois, fin 2015, il y avait en France plus de demandeurs d’emploi âgés de 60 ans ou plus, que de 20 ans ou moins. Le chômage des 20 ans ou moins n'a pas bougé depuis 20 ans, celui des plus de 60 ans non plus jusqu'en 2010. Mais conséquence immédiate de la réforme des retraites de 2010, leur nombre explose en 2011 : de moins de 10 000 en 1996 à moins de 20 000 en 2o10, mais 100 000 en 2012, et plus de 240 000 fin décembre 2015.

Des femmes demandeuses d'emploi de plus en plus qualifiées

Chez les femmes, l'évolution est un peu identique mais beaucoup moins marquée. Le nombre de femmes de plus de 50 ans n'a ainsi augmenté que de 5 points de 1996 à fin 2015 : 52 % de femmes en 2015, contre  47 % en 1996. Cette donnée est logique si l'on tient compte du fait que le taux d'activité des femmes de 50-64 ans est, selon l'Insee, passé en vingt ans de 41 % en 1996 à 60 % aujourd'hui alors que celui des hommes a progressé deux fois moins vite de 56 % à 66 %. En revanche, ce qui est notable chez les femmes demandeuses d'emploi est leur niveau de formation : depuis 1996, la part des femmes ayant au moins le Bac comme niveau de diplôme est passée de 32% à 50%.

Des ouvriers ou employés pour 90%

Le chiffre est depuis 20 ans d'une stabilité totale : 87 % des demandeurs d'emplois sont ouvriers ou employés, en 2015 comme en 1996. Tout juste note-t-on qu'à l'intérieur de cette catégorie ce sont les employés qui progressent le plus. En revanche le taux de féminisation reste plus élevé parmi les employés non qualifiés et les employés qualifiés, que pour les autres catégories socioprofessionnelles.

Un tiers a une activité réduite

Ils n'étaient que 19% en 1996, ils sont 34% aujourd'hui : malgré un coup de frein avec la crise de 2008, le nombre de demandeurs d'emploi en activité réduite ne cesse de progresser.  Globalement le nombre de demandeurs d’emploi travaillant l’équivalent d’un temps complet est passé de 3% en 1996 à 7% fin 2015. Il y a donc aujourd'hui 500 000 demandeurs d’emploi qui ont une activité d’au moins 151 heures au cours du mois.

L'activité réduite concerne principalement les employés qualifiés et les femmes. A partir de décembre 2003, la progression de l’activité réduite est plus marquée chez les femmes de plus de 50 ans et atteint un niveau record de 22% en décembre 2007 avant de baisser progressivement

45% sont en longue durée

Les demandeurs d’emploi de longue durée, inscrits depuis plus d'un an, étaient 36% en 1996, ils sont 45% aujourd'hui. Leur progression est particulièrement forte depuis 2008 où ils n'étaient encore que 30%, soit à peu près 300 000. Ils sont aujourd'hui 450 000 dont 150 000 le sont depuis 3 ans ou plus.

A l'intérieur de la catégorie de longue durée, ce sont les personnes les plus diplômées et qualifiées qui ont été proportionnellement les plus touchées : l'augmentation est de 13% sur la période. En 1996, la part des demandeurs d’emploi de longue durée était supérieure de 5 points chez les ouvriers et employés que chez les cadres, elles sont désormais au même niveau. La progression du chômage de longue durée a été ainsi plus forte chez les Bac+2 (13% en plus) que chez ceux qui n'ont pas atteint le niveau du Bac (8%).

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> Infographie : De 1996 à 2015 : le demandeur d’emploi a-t-il changé ?

> Etude "Portrait statistique du demandeur d'emploi : 20 ans d'évolution"