Uber fortement créateur d’emplois

Un quart des chauffeurs Uber sont des jeunes venant souvent de banlieues difficiles. Et ils gagnent à peu près leur vie, selon la première étude effectuée sur cette nouvelle profession.

La première étude sur le profil des chauffeurs travaillant avec Uber en France vient d'être réalisée par trois économistes. Ils se sont appuyés sur des statistiques gouvernementales, des sondages (en particulier une enquête de l’IFOP) et des données anonymisées fournies par Uber. Première conclusion, presqu'une évidence, les chauffeurs Uber sont jeunes et se recrutent donc dans la population la plus exposée au chômage : 25% des chauffeurs Uber X étaient au chômage avant d'utiliser la plateforme. Dans le même temps, les chauffeurs ont généralement un niveau d'étude plus élevé que la moyenne de la population active (et a fortiori que les chauffeurs de taxis traditionnels). « En ce qui concerne leur niveau de qualification, les résultats de nos recherches vont à l'encontre de l'idée courante selon laquelle les chauffeurs Uber seraient peu qualifiés. On constate au contraire qu'ils sont plus qualifiés que les chauffeurs de taxis classiques. Cet état de fait découle mécaniquement de leur âge moyen plus jeune dans la mesure où le niveau de qualification globale de la population française a augmenté ces dernières décennies. Les chauffeurs Uber sont d'ailleurs à un niveau de qualification moyen à peu près équivalent à celui de l'ensemble de la population française, une fois l’âge pris en compte. On note également qu'une majorité d'entre eux disposait avant d'exercer ce métier d'une spécialisation dans le secteur du transport et de la logistique » explique Augustin Landier. « Par ailleurs, il ressort de notre étude que chauffeurs Uber viennent en majorité de zones à fort taux de chômage, notamment des banlieues des grandes villes. Il est difficile d'aller plus loin dans l'analyse de leurs origines sociologiques notamment en raison de l'absence d'études statistiques ethniques en France. Mais on se rend compte qu'Uber fournit à ces populations fortement touchées par le chômage, une vraie porte de sortie vers l'emploi ».

Deuxième conclusion, moins évidente celle-là : la plupart d'entre eux ont fait de cette profession leur activité principale. 1 chauffeur sur 2 travaille en tout cas plus de 30 heures par semaine. Mieux 71% tirent la majeure partie de leurs revenus d'Uber. Et c'est d'autant moins une activité occasionnelle que la plus grande partie des chauffeurs pensent continuer plusieurs années. Troisième conclusion : avec Uber, les chauffeurs se sentent plus libres qu'avec une licence de taxi traditionnelle, s'organisent comme ils le veulent, les plus productifs maintenant leur activité, les moins productifs quittant rapidement la profession. Ces résultats suggèrent que le fait de travailler à son compte par l'intermédiaire d'une plateforme permet aux chauffeurs d'expérimenter plus facilement. Quatrième conclusion, les revenus sont en moyenne de 19,90 euros de l’heure, après la déduction des commissions versées à la plate-forme. Sur le papier cela représente un revenu net de 3.600 euros par mois pour 45 heures d’activité. Sauf qu’il faut enlever, selon les cas, entre 40 et 50% pour l’essence et l’entretien de la voiture

Uber se révèle donc une plateforme fortement créatrice d’emplois en particulier pour des jeunes issus des banlieues les moins faciles. Pour Uber, le secteur pourrait compter 70.000 chauffeurs supplémentaires dans les cinq ans rien qu’à Paris. Augustin Landier estime que l’étude a permis de montrer un effet qui n’était pas forcément connu, l’expérimentation : ce type de plateforme permet à des gens d'essayer sans engagement financier lourd un métier sans forcément être obligé de continuer à l'exercer s'il ne leur convient pas.

 

AC

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