Agilité d’esprit avant tout

La capacité d’apprendre en permanence est certainement la compétence dont auront besoin ceux qui rentrent aujourd’hui sur le marché du travail. C’est le leitmotiv de l’étude menée par Manpower dans 43 pays.

Il n’existe qu’une seule compétence qui vaille, la capacité d’apprendre. C’est ainsi que l’on pourrait résumer l’étude que vient de publier Manpower « la révolution des compétences ». 43 pays étudiés, 18 000 entreprises interrogées pour savoir comment les entreprises se préparent aux transformations technologiques des deux prochaines années et comment se développent les compétences de leurs employés.

Une fracture liée aux compétences ?

Point de départ : 65% des métiers qu’exerceront les membres de la Génération Z n’existent pas encore. La Z, les Millenials, sont nés après 1994. Ces métiers requerront de nouvelles compétences. Pour Jonas Prising, le PDG de ManpowerGroup, une fracture risque de naître entre ceux qui détiennent ces compétences, « qui auront de plus en plus de pouvoir, pourront aisément se créer des opportunités et choisir quand et comment ils travaillent » et… ceux qui ne les ont pas. « Cette polarisation du marché du travail autour des compétences est néfaste aussi bien pour nos sociétés, que pour les entreprises ».

Le cycle de vie des compétences se réduit

Mais, explique Manpower, si la question est l’acquisition et le développement des compétences, la plus importante, celle des toutes prochaines années, est celle de l’apprentissage continuel. Une compétence, ça se périme. Surtout avec l’ampleur et la rapidité des transformations technologiques qui font qu’aujourd’hui, plus de 45% des tâches pourraient d’ores et déjà être automatisées : « un chiffre qui permet de bien comprendre ce qui différencie la situation d’aujourd’hui de celle d’hier : le cycle de vie d’une compétence, c’est-à-dire le temps séparant son apparition de son obsolescence, est de plus en plus court. À grande échelle, cela appelle non seulement une plus grande capacité à prévoir les compétences dont l’entreprise aura besoin, mais aussi comment accompagner les porteurs de compétences dans le changement », continue Jonas Prising.

L’agilité, première des compétences

Tout le monde va être obligé de changer car plus de 90% des chefs d’entreprises interrogés par ManpowerGroup dans le monde estiment que le digital changera leur organisation. Pour autant, ils sont 83% à dire que, dans le même temps, ils comptent maintenir ou augmenter leurs effectifs. Conclusion, si l’organisation change et que les gens restent, c’est qu’ils ont évolué dans leurs compétences assez rapidement. Selon Manpower, la créativité, l'intelligence émotionnelle et la flexibilité cognitive sont les trois compétences dont chacun aura besoin pour s’adapter. En un mot l’agilité.

Une confiance en l’agilité variable

Voilà la version optimiste. L’enquête Manpower montre en effet que partout dans le monde les entreprises n’ont pas la même confiance, le même optimisme. Les Italiens sont de loin les plus confiants quant aux effets positifs sur leurs effectifs. Les Américains, Sud-Africains, Néo-Zélandais et Mexicains le sont un peu moins. Le gros des troupes (du Canada au Japon en passant par la Grande Bretagne et Israël) sont dans la moyenne, et, on commence à tomber dans la zone rouge, celle de la défiance, avec l’Allemagne, la France, le Benelux et la Suisse. En queue de peloton, étrangement, l’Inde est le pays le moins confiant.

AC