Création d’entreprises : les jeunes prêts à sauter le pas

Pour les jeunes, le salariat n’est plus le modèle unique. L’envie d’entreprendre se développe même si le besoin de sécurité reste prégnant.

Bien que la 24ème édition du Salon des Entrepreneurs les ait mis à l’honneur en 2017, les jeunes continuent d’entretenir un rapport ambigu à la création d’entreprise, entre fascination et aversion au risque. Certes, l'idée de monter sa propre « boîte » fait son chemin dans l'esprit de la jeunesse française, mais les moins de 30 ans ne renoncent pas pour autant au CDI et à la sécurité de l'emploi, selon une récente étude OpinionWay*. Un paradoxe que les résultats nuancés de l'étude viennent éclairer. A la question « Auriez-vous envie de créer une entreprise, d'en reprendre une ou de vous mettre à votre compte? », 44% des jeunes interrogés répondent « Probablement ». Ils sont même 16% à répondre « Certainement ». Au total, ce sont donc 60% des sondés qui se disent plutôt favorables au projet entrepreneurial.

Entre création et sécurité, le cœur des jeunes balance

Leur envie se concrétisera-t-elle un jour ou restera-t-elle au stade de projet ? Un chiffre interpelle en tout cas et témoigne d'une réelle évolution de la perception à l'égard de la création d'entreprise : 26% des sondés assurent qu'ils « envisagent » de passer à l’acte dans les deux ans qui viennent, ce qui représente près d’1,5 million d’entrepreneurs potentiels à court terme. Pour Xavier Kergall, directeur général du Salon des Entrepreneurs, « il y a deux fois plus de créateurs potentiels chez les jeunes que chez la moyenne des Français. C’est le signe du potentiel de notre économie, mais aussi de sa mutation ».

Mais les jeunes n'ont pas pour autant renoncé au CDI, loin s'en faut. Certes, 26% d'entre eux affirment être « de moins en moins attirés, voire pas du tout » par un contrat à durée indéterminée, mais ils sont au total 73% à estimer que le CDI reste un objectif à atteindre. Même s'ils estiment très largement (81%) que décrocher un tel contrat « est difficile », ces jeunes semblent attachés à la sécurité de l'emploi procurée par le salariat. 70% d'entre eux jugent en effet que la régularité des revenus facilite la vie quotidienne notamment pour trouver un logement, obtenir un crédit ou encore ouvrir un compte bancaire. Ils sont également 49% à saluer le droit aux RTT et congés payés ainsi qu'à une bonne couverture sociale.

Un besoin accru de souplesse

La couverture sociale constitue une vraie préoccupation chez les moins de 30 ans puisque 83% d'entre eux souhaitent « une meilleure équité des droits sociaux entre indépendants et salariés ». Ils jugent que cette mesure serait importante pour « favoriser l'épanouissement des jeunes au travail ». Ils sont 85% à réclamer une adaptation des nouveaux modes de travail comme le télétravail et 81% à vouloir « plus de facilité pour devenir travailleur indépendant ». Seuls 46% envisagent leur carrière en tant que salarié uniquement, 54% pensent se mettre un jour à leur compte, soit à titre exclusif (18%), alternatif avec le salariat (11%) ou cumulatif (25%).

Le travail indépendant séduit donc les jeunes, qui disent apprécier à 40% le fait de devenir leur « propre patron » et à 35% le fait de pouvoir choisir leurs « propres méthodes de travail ».

Interrogés sur les incitations futures qui pourraient leur permettre de se lancer avec confiance dans l'entrepreneuriat, tous insistent sur la nécessaire protection vis-à-vis du risque pourtant inhérent à la création d'entreprise. 81% formulent ainsi le vœu d'une « indemnisation des indépendants en cas de perte subite d’activité » ainsi qu'une « convergence des protections sociales ».

Cet intérêt nouveau des jeunes pour la création d’entreprise n’a pas échappé au Medef qui saisit l’occasion de la prochaine élection présidentielle pour interpeller les candidats, à travers le collectif #entreprendre2017 (1). Ce collectif formule 9 propositions qui visent à promouvoir l’esprit d’entreprise. Ainsi, celle de « donner à chaque élève une éducation à la démarche entrepreneuriale et expérimentale » ou encore « attribuer  automatiquement un numéro Siret à chaque jeune Français pour son 16ème anniversaire ». Le but : « faire prendre conscience aux jeunes qu’ils peuvent entreprendre », justifie Thibault Lanxade, vice-président du Medef en charge des TPE-PME.

N.S.

*Etude pour l'Union des auto-entrepreneurs et la fondation Le Roch Mousquetaires à l'occasion du Salon des entrepreneurs, réalisée entre le 2 et le 5 janvier auprès de 1006 jeunes interrogés en ligne et âgés de 18 à 29 ans.
(1) #entreprendre2017 est un collectif constitué du Medef et de 19 autres réseaux et associations dédiés à l’entrepreneuriat

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