La Silicon Valley teste le revenu (vraiment) universel

Pour Sam Altman, l’un des « gourous » de la Silicon Valley, c’est le progrès technologique qui en faisant baisser les coûts va permettre la généralisation du revenu universel. L’expérience est en cours.

« Si on arrive au point où les ordinateurs prennent réellement tous les métiers, le coût de la vie va baisser de manière spectaculaire. Si la main-d’œuvre devient gratuite, cela veut dire qu’énormément de biens et de services vont être beaucoup moins chers. Les gens n’auront pas forcément besoin de 1 000 dollars par mois pour vivre. Ils n’auront besoin que de 100 ou 200 dollars. On pourra construire des maisons pour presque rien, sinon le coût du terrain et de l’énergie. Pareil pour la nourriture, grâce à la robotisation de l’agriculture ». Sam Altman, tenant du revenu universel, n’est pas qu’un doux rêveur, il est aussi l’un des petits génies de la Silicon Valley et dirige Y Combinator, l’incubateur qui a donné naissance à 52 compagnies valorisées chacune à plus de 100 millions de dollars. Il fait partie de ceux qui estiment que le travail est entré dans une très profonde mutation et que ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle. « Ce qui est négatif, c’est quand les gens qui ont déjà la richesse ont un contrôle absolu sur un secteur industriel au point que de nouveaux acteurs n’ont plus la possibilité d’y pénétrer. Au fur et à mesure que le travail change, il est important que ceux qui ont de meilleures idées ou des solutions nouvelles puissent réussir eux aussi. », explique-t-il dans un long entretien au Monde.

Le revenu universel face à la transition massive

Mais parallèlement il a mis en place une stratégie de revenu universel parce que « La transition va être massive, beaucoup plus rapide que pendant la révolution agricole ou industrielle. Que se passe-t-il quand trois quarts des emplois sont très différents ou n’existent carrément plus ? L’idée du revenu universel, c’est que le gouvernement donne aux gens assez d’argent pour leur logement, la nourriture et leurs dépenses de base. Ils pourraient étudier, prendre des risques, essayer de créer une entreprise et, si cela ne marche pas, ils seraient toujours en mesure d’entretenir leur famille. » Pour l’instant l’idée est à l’étude : une centaine de personnes, âgées de 21 à 40 ans, bénéficient d’un versement direct. Elles sont sélectionnées de manière aléatoire et la fondation Y Combinator leur verse entre 1 000 et 2 000 dollars [entre 858 et 1 716 euros] par mois. « Le montant fait partie des éléments que nous étudions dans la phase pilote, c’est évidemment un facteur primordial. Certains modèles prévoient que l’État fournit une couverture santé universelle. D’autres, qu’il revient à l’individu d’acheter sa propre assurance. Là aussi, nous étudions les alternatives. L’idée du revenu universel, c’est que tout le monde en bénéficie. Cela élimine la stigmatisation ».

Le progrès technologique va-t-il réellement financer le revenu universel ? Affaire à suivre…
 

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