Le digital learning plébiscité par les entreprises

Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à digitaliser tout ou partie de leurs formations. Une façon d’introduire de la souplesse et d’individualiser les programmes pour répondre aux attentes et besoins des salariés.

La France, lanterne rouge européenne de la formation à distance, serait-elle en train de rattraper le peloton? Certes les salariés hexagonaux n’ont pas suivi autant de modules en e-learning ni eu la même appétence pour les classes virtuelles que leurs collègues espagnols ou britanniques, selon le baromètre publié en juin dernier par Cegos. Mais entre 2015 et 2016, les taux de progression s’établissent entre 5 % et 17 % selon les modalités quand les cours en salle font du surplace.

Le e-learning s’est imposé dans les entreprises

Si YouTube et les réseaux sociaux ont accompli le travail d’évangélisation, les entreprises, y compris les PME, ont aussi largement porté cette dynamique. « Le e-learning s’est imposé en raison de sa souplesse, met en avant Maxime Helstroffer,  DRH des Papeteries du Léman, une PME de 230 salariés. Notre entreprise pratiquant les 3x8, il était difficile de réunir nos collaborateurs en salle de cours. Les modules permettent désormais à chacun d’acquérir de nouvelles compétences en fonction de ses disponibilités ». Les formations en ligne ont d’autre part contribué à raccourcir et à optimiser le temps passé face aux formateurs. « Les futurs managers qui bénéficient d’un programme de formation dédié acquièrent les connaissances de base en ligne. La théorie étant assimilée, les sessions où ils se retrouvent entre eux font une large place aux échanges jeux, études de cas et travaux de groupe », illustre David-Alexandre Gava, Directeur du développement RH de Siemens France.

Digital et présentiel se combinent davantage

Utile également en aval où il fonctionne comme une piqûre de rappel, le e-learning s’invite même au coeur des formations en présentiel. « L’introduction de jeux de rôle, de quizz ou de vidéos maintient l’attention des participants qui participèrent activement, expérimentent et commencent à mettre en pratique leurs nouvelles connaissances », remarque Antoine Amiel, fondateur de LearnAssembly, une start-up qui conçoit des formations digitales pour les entreprises. La généralisation demain des exercices en réalité virtuelle ou augmentée, recréant les conditions réelles dans lesquelles les participants vont évoluer, accentuera ce mouvement.

L’ère de l’auto-formation par algorithme

Autre avantage : les modules digitaux facilitent l’individualisation des parcours et l’auto-formation. La Plateforme Learning for Everyone de Siemens France propose ainsi des cours de langues et de bureautique en libre-service. Après avoir passé un test de niveau, les algorithmes concoctent pour chaque candidat, notamment un programme sur-mesure, adapté à ses besoins. « Nous encourageons nos collaborateurs à devenir les acteurs de leur évolution professionnelle. » rappelle David-Alexandre Gava. Et pour aider les plus récalcitrants à franchir le pas, entreprises et organismes ont appris à rendre la formation à distance plus digeste que par le passé. « Les modules, désormais appelés « capsules » car ils sont des concentrés de savoirs, sont de plus en plus courts et disponibles n’importe quand, n’importe où et sur n’importe quel support pour s’adapter à l’emploi du temps et aux modes de vie là où il fallait hier attendre de réunir un certain nombre de personnes pour ouvrir un stage », conclut Patrick Galiano, directeur de projet spécialisé dans le digital de Cegos. Une petite révolution.

Laurence Estival

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