Les jeunes cherchent de l’affectif dans le travail

Selon une étude pour Linkedin, les 20-30 ans cherchent beaucoup plus de socialisation au sein de leur travail que leurs aînés. Une génération qui risque de bouleverser le monde du travail.

« Le travail c’est la santé, ne rien faire c’est la conserver », chantait Henri Salvador. Et bien non, répond la génération Y. Le travail, c’est l’amitié. C’est ce qui ressort d’une vaste étude menée par CensusWide pour le leader mondial du réseau professionnel en ligne Linkedin auprès de 11 500 salariés dans 14 pays.
 
Certains paramètres fluctuent selon les pays, mais partout les digital natives ultra-connectés survalorisent les relations humaines par rapport à leurs aînés. 67 % des salariés nés entre les années 80 et les années 90 sont prêts à raconter leur vie personnelle et amoureuse à leurs collègues et cela les rend plus heureux et plus motivés d’avoir des amis au bureau. Alors que seul un tiers des baby-boomers envisage de telles confidences, ils ne sont pas plus de 20 % à considérer que de meilleurs rapports amicaux sur leur lieu de travail améliorent leur quotidien. Pis, près de la moitié de cette génération de l’après-guerre affirme que l’amitié au bureau n’a aucun impact sur leur performance.
 
Mais la jeune génération qui a pris la crise de plein fouet, dont les diplômés peinent à trouver un travail et qui ont vu leurs parents, tout dévoués à leurs employeurs, se faire licencier n’est pas pour autant flower power. Ce désir de rapprochement humain ne relève pas que de la simple curiosité de l’autre et du désir de partage. Pour 60 % d’entre eux cette socialisation servira leur carrière. 28 % reconnaissent même avoir déjà envoyé un texto à leur supérieur en dehors des heures de travail pour évoquer un sujet personnel. Et une grande majorité d’entre eux, plus nombreux que leurs aînés, seraient prêts à renoncer aux bonnes relations avec un collègue pour obtenir une promotion… Même si l’amitié a ses limites, cette étude montre que la vie de bureau pourrait se métamorphoser dans les années à venir.
 
La génération Y devrait représenter plus de 40 % des salariés fin 2015 quand les baby-boomers leur auront cédé la place. Et il y a de fortes chances pour qu’elle bouscule le monde du travail. Les managers devront apprendre que leurs salariés parleront librement entre eux de leur salaire et que la frontière entre vie professionnelle et vie privée sera de plus en plus ténue ainsi que le respect de la hiérarchie.
 
Suite à cette étude, la directrice des relations publiques et de la communication de Linkedin a déjà émis quelques recommandations en direction des cadres dirigeants afin qu’ils communiquent mieux avec la génération montante. « Ne vous limitez pas aux courriels et aux réunions », mais faites des réunions ambulantes dans la rue, portable éteint. « Intéressez-vous vraiment aux autres », moteur efficace de la motivation au travail. Et enfin, elle enjoint de féliciter et de fêter le plus souvent possible ses employés. Mais, attention ! les Best Friends ne seront pas forcément Forever…
                                                                                                         
Florence Raillard