Pourquoi le télétravail fait des émules ?

Les salariés voient dans le télétravail une possibilité de concilier vie familiale et vie professionnelle, les employeurs un moyen de booster la productivité et d’attirer de nouveaux talents. Voilà la conclusion de l’étude menée par le cabinet Morar Consulting pour le compte de Polycom Inc dans douze pays du monde.

Choisir son lieu de travail, un rêve pour de nombreux salariés ! Or, pour plus d'un actif sur deux en France et dans le monde, le télétravail est déjà une réalité. Et il semblerait que cette flexibilité du lieu de travail ait des effets positifs tant sur la productivité de leur entreprise que sur la collaboration entre les salariés. C'est ce que montrent les résultats d’une étude  réalisée en avril dernier par le cabinet Morar Consulting pour le compte de Polycom Inc dans douze pays du monde (2 300 personnes interrogées en France).
Si les résultats varient d’un pays à l’autre, quelques enseignements peuvent néanmoins être tirés de cette étude. Premièrement, les personnes interrogées déclarent à l’unanimité (98 %) qu’une approche du travail « accessible en tous lieux » est favorable à la productivité de l’entreprise dans la mesure où les employés peuvent travailler à l’endroit où ils sont les plus efficaces. Deuxièmement, 92 % des personnes interrogées déclarent également que la collaboration vidéo améliore le travail d’équipe. Retrouver ses collègues par le biais de la vidéo permet de conserver l’interaction humaine qui manque parfois aux télétravailleurs, tout en aidant les employés à entretenir de meilleures relations. Troisièmement, 62 % de la population active mondiale (et 58 % de la population active française) travaille selon une approche flexible — un chiffre qui n’a jamais été aussi élevé. La transformation numérique progressive des organisations y est pour beaucoup. Comme le rappelle les auteurs de l'étude, « pour préserver leur compétitivité, les entreprises doivent innover, développer une meilleure culture du travail et conserver les meilleurs talents ». 

Le télétravail, une passion française

C’est une certitude, les Français aiment travailler depuis chez eux : 68 % des personnes sondées indiquent préférer travailler à leur domicile ou dans leur bureau personnel car ils y sont « plus efficaces ». Les espaces de travail partagés sont également appréciés, 16 % des personnes interrogées ayant opté pour cette possibilité de préférence à d’autres options. De leur côté, les entreprises françaises ont compris qu’un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée est essentiel et participe d’un bon climat social dans l’entreprise. En décembre 2016, 68 % d’entre elles proposaient des flexibilités sur le lieu de travail et 58 % des salariés en ont bénéficié.

Seul bémol, selon cette étude : des différences culturelles et générationnelles constitueraient encore des freins à cette flexibilité du lieu de travail.  En effet, la culture française du présentéisme, qui consiste parfois à mesurer les performances sur la base des heures ouvrées et non sur les résultats a encore la vie dure. Par ailleurs, 66 % des employés de la génération Y (les « millennials ») craignent d’être considérés comme « non productifs » lorsqu’ils ne travaillent pas au bureau. Une préoccupation partagée par 62 % des personnes interrogées à l’échelle mondiale.

L’influence des nouvelles technologies

Reste que ces nouvelles pratiques de travail reposent largement sur les nouvelles technologies qui permettent notamment aux équipes de collaborer à distance et aux employés d’accéder aux mêmes ressources quel que soit leur lieu de travail.

« En fait, le déferlement de la vague numérique sur les outils et les méthodes de travail a rendu le télétravail encore plus aisé pour tous ceux dont l’activité n’a pas besoin d’un lieu précis pour être exercée », notent de leur côté les partenaires sociaux dans le rapport conjoint sur le « développement du télétravail et du travail à distance » qu’ils viennent de remettre à la ministre du Travail. Pour accompagner le développement du travail flexible, ces derniers suggèrent de « clarifier des points juridiques » et d'« ouvrir une réflexion » sur des sujets « importants » comme « la charge de travail », qui reste « difficile à mesurer », « la protection des données personnelles » ou « la déconnexion ».

À propos de l'étude : Les informations exploitées ont été collectées auprès de 25 234 personnes dans 12 pays : États-Unis, Canada, Brésil, Japon, Royaume-Uni, Inde, Singapour, Allemagne, Russie, France, Australie et Chine. Au niveau du panel mondial, 55 % des personnes interrogées occupent un poste de manager ou supérieur.

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