Robots, la nouvelle révolution industrielle

Les robots sont à nos portes. Nous en avons quelques indices avec les aspirateurs et tondeuses à gazon qui marchent tout seuls, et aussi avec quelques charmants petits androïdes ou chiens-jouets qui servent de démonstration pour le grand public, ou encore, les drones.

Mais les robots, les vrais, devraient avant tout débarquer dans les entreprises industrielles. Afin de redonner du souffle et de la compétitivité à l’industrie française, le gouvernement a fait de la robotique une priorité. On peut comprendre pourquoi : la France affiche un retard inquiétant dans ce domaine. Il n’existe en effet que 33 000 robots installés dans les usines françaises, contre près du double en Italie et… 166 000 en Allemagne.

Le salon Innorobo, qui se déroule à Lyon du 18 au 20 mars, est l’occasion pour le gouvernement de réaffirmer ses priorités. Et ceux qui ne peuvent s’y rendre peuvent visiter en réservant un robot de téléprésence, Beam.

Un plan pour les PME

Le gouvernement a donc lancé un plan robotique, France Robots Initiativesqui s’est concrétisé début mars par le lancement d’un fonds de capital-risque, Robolution Capital, doté de 80 millions d’euros, spécialisé dans la robotique de service. Ce fonds est financé à parts égales par le public (Bpifrance, l’Union Européenne…) et le privé (Les assurances AG2R La Mondiale, Orange, Thales, EDF, notamment).

Il existe par ailleurs un plan visant à doter les PME de robots, « Robot Start PME », qui doit aider 250 entreprises de moins de 250 personnes à se lancer. L’enjeu est important : les robots doivent permettre aux entreprises de retrouver des marges et de faire davantage de valeur ajoutée.
Et cela ne concerne pas que les productions les plus futuristes : ainsi, selon Les Echos du 4 mars, le fabricant de boules de pétanque Obut, à Saint Bonnet le Château (Loire) s’est équipé d’un robot qui vérifie la qualité de la soudure. Plus de précision et moins de pénibilité pour les opérateurs, souligne Pierre Souvignet, le PDG de l’entreprise.
 
Un million d’emplois

Arnaud Montebourg, en lançant le fonds Robolution, a pris garde d’insister sur le fait que le robot n’est pas l’ennemi de l’emploi : « Nous avons 150 000 robots de retard sur l’Allemagne, c’est nous qui avons plus de chômeurs que les Allemands, voilà pourquoi nous devons augmenter nos investissements dans le secteur », a-t-il déclaré.

Bruno Bonnell, cofondateur d’Infogrames, qui a suscité la naissance de Robolution Capital, estime pour sa part que « tous les secteurs vont être touchés par cette forme  d’intelligence apportée aux machines », et qu’il y aura plus de créations de startup dans ce domaine dans les dix prochaines années qu’il n’y en a eu en dix ans avec Internet.

Au-delà de la production industrielle pure, les robots vont certainement aussi se développer dans d’autres secteurs tels que la chirurgie, où ils sont déjà bien présents, et le médical en général, la surveillance, la construction, et l’aide à la personne.

Selon l’IFR (Fédération internationale de la robotique), un million d’emplois devraient être créés dans ce secteur au niveau mondial dans les cinq prochaines années.

Effort d’investissement

De fait, l’exemple allemand montre que les robots ne sont pas l’ennemi de l’emploi. Ils peuvent permettre de garder les emplois dans les pays développés plutôt que de les délocaliser dans ceux qui offrent des bas salaires. Ils permettent en outre de produire mieux et plus vite – et avec moins de tâches pénibles pour les salariés – des produits de très haute qualité, à forte valeur ajoutée, qui peuvent ensuite trouver des débouchés à l’exportation.

Mais ils nécessitent de repenser entièrement la chaine de production, ce qui n’est pas toujours facile, ni pour les patrons, ni pour les salariés. Quoi qu’il en soit, les robots vont se multiplier. D’autant plus qu’ils sont de plus en plus faciles à utiliser et que leur prix baisse. 

Pour les entreprises françaises, la « robolution » est en marche. Mais elle exige un effort d’investissement qui ne semble pas encore bien perçu. Le dernier rapport sur la situation économique et financière du Médiateur du Crédit (janvier 2014) montre que l’investissement des entreprises au cours des dernières années a été principalement soutenu par la construction, qui n’est pas l’investissement le plus productif. Pour le reste, l’investissement a été essentiellement « défensif » : mise aux normes, modernisation, sans augmenter les capacités productives, ni créer de nouveaux produits. C’est sans doute un mode  opératoire qu’il va falloir modifier rapidement si les entreprises veulent perdurer.

Marie-Laure Cittanova – Slate.fr

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