Le travail routinier ne progresse plus aux Etats Unis depuis 30 ans

Le travail routinier stagne depuis 30 ans aux Etats Unis, le non routinier a lui explosé. C’est la démonstration de la Banque fédérale de Saint Louis qui estime que le travail routinier, répétitif et délocalisable n’a pas augmenté depuis 1983.

Le marché du travail américain a connu de très profonds changements sur les trente dernières années selon les travaux de Maximiliano A. Dvorkin, un économiste de la Banque fédérale de Saint Louis qui montre le déclin du travail de type intermédiaire dans le système productif et manufacturier et avec une polarisation du travail en haut et en bas de l’échelle. En clair, la fin programmée des travaux routiniers et répétitifs pouvant être automatisés ou exécutés dans d’autres pays, délocalisés. « Les travaux routiniers seront de plus en plus délocalisés » écrivent les économistes de Saint Louis. Ils ont même classé les emplois et leur évolution sur les trente dernières années en différenciant les emplois non routiniers intellectuels, les emplois non routiniers manuels, les emplois routiniers intellectuels (commerce et services) et manuels (construction, transport…). 4 catégories entre janvier 1983 et janvier 2013. Et une explosion en trente ans des métiers intellectuels non routiniers (de 28 à 58 millions d’emplois) et une progression très notable des emplois manuels non routiniers (d’environ 14 millions à environ 26 millions). Tous les autres emplois, les routiniers, stagnent ou diminuent légèrement : environ 60 millions d’emplois routiniers, manuels et intellectuels confondus, en 1983 comme en 2013.

« Le tableau est clair, expliquent les économistes de Saint Louis. L’emploi s’accroit fortement dans les activités non routinières, qu’elles soient intellectuelles ou manuelles, et stagne partout ailleurs ». Et la Banque Fédérale de Saint Louis a donc fait exactement le même graphique concernant les 4 mêmes catégories sur les 30 années concernées. Le résultat est que le taux de chômage des professions intellectuelles non routinières était de 4% en 1983 et qu’il est à peu près à 3% aujourd’hui. Mais surtout contrairement aux autres types d’emploi, il est resté lui étonnamment stable, crise ou pas crise, alors que les autres catégories sont beaucoup plus volatiles. La plus irrégulière est celle des travaux routiniers manuels dont le taux de chômage est passé de 15% environ en 1983 à moins de 5% en 1999 pour remonter près de 16% en 2009 avec la crise et se situer en 2013 aux alentours de 7%. 

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