La situation de l'emploi est de plus en plus duale

Le groupe Adecco publie une enquête lourde sur les évolutions du travail. Les nouveaux modes de travail sont plutôt bien perçus mais trop souvent subis.

Le Lab’Ho, think tank d’Adecco, vient de livrer une compilation de travaux et d’entretiens assez énorme sur les évolutions du travail. D’un côté le qualitatif avec des interviews d’experts, d’entreprises et de syndicats, de l’autre un quantitatif avec un panel de près de 5 600 répondants candidats et collaborateurs The Adecco Group. Le résultat « Penser le travail autrement » (1) met en évidence plusieurs évolutions.

 

Une faible connaissance des nouveaux modes de travail

Les modalités de travail nouvelles ou alternatives (co-working, ubérisation, coopérative d’emploi, groupement d’employeur, partage salarial, etc.) restent relativement confidentiels. 50 % des répondants ne les connaissent pas. Mais dès qu’on leur explique, 63% d’entre eux y sont plutôt favorables. Etonnamment, ce sont les salariés en CDI qui ont le niveau d’information le plus important sur ces contrats. Ensuite un intérêt marqué pour la multi-activité et les plateformes web. Bien accueillie par 73% des répondants, la multi-activité peut séduire. Idem pour les plateformes web permettant de compléter son revenu, 2/3 des répondants ne les connaissent pas mais 50 % d’entre eux et 79 % des personnes en CDI se disent plutôt favorables à leur utilisation. Enfin les répondants pensent que les entreprises recherchent avant tout polyvalence (65%) et flexibilité (61%). Les ouvriers et les employés en sont convaincus, les cadres mettent davantage l’accent sur leur expertise

 

De plus en plus de micro-entreprenariat, souvent subi

Christophe Catoir, président du groupe Adecco France, constate dans l’étude qu’il existe aujourd’hui « un gros bloc de micro- entrepreneurs, des pluriactifs dits "slashers" qui cumulent plusieurs activités ; des indépendants qui travaillent en solo ou à la tâche pour des plate-formes ; des temps partiels ou des personnes en portage salarial. Tous opèrent via des contrats de plus en plus variés. Même les CDI et CDD sont formatés pour des durées toujours plus courtes. Il s'agit d'une tendance lourde. Aux États-Unis, 34 % des actifs sont hors salariat. En Europe, on pourrait arriver assez vite à une proportion de 20 % ». Et il ajoute : « à côté du dualisme CDI-CDD, un nouveau clivage émerge, celui entre salariés et indépendants » (2). Son analyse est que la situation est duale : dans certains secteurs, ce sont les candidats qui « font le marché », favorisant l’émergence de nouvelles formes d’emploi tirées par leur aspiration à vouloir travailler différemment : explosion des freelances dans les activités IT, formation ou marketing, développement du portage salarial pour les profils seniors et experts, développement du télétravail dans les métiers appelant une collaboration par des médias numériques ou téléphoniques…  A l’inverse dans d’autres, ce sont les actifs qui doivent ré-envisager leur propre activité, le fondement même de leur fonctionnement. L’auto-entrepreneuriat en est, selon lui, le meilleur exemple même si la « situation est plus souvent subie que choisie…  Il faut expliquer aux gens qui sortent du salariat quels sont les droits et les possibilités de carrière qui s'offrent à eux ».

AC

Penser l'emploi autrement  

>  Un clivage émerge entre salariés et indépendants

 

 

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