Les métiers du futur sont (presque) déjà là

De Microsoft à Manpower on essaie de prévoir tous ces métiers qui n’existent pas encore, mais le seront dès le début de la prochaine décennie. En 2016, le métier star, c’est data scientist.

Ces métiers n’existent pas mais dans moins de 10 ans, ils seront inévitables, du moins dans le numérique, l’informatique ou les nouvelles technologies. C’est l’avis de Microsoft qui, avec The Future Company, a produit une étude sur la question montrant que 65% des étudiants d’aujourd’hui auront en 2025 des emplois qui n’existent pas encore.

La réalité virtuelle, prochaine plateforme dominante

Microsoft en donne des exemples encore étonnants, mais très probables. Parmi eux, le designer d'habitats virtuels. Selon l’étude de The Future Company, d’ici 2020, le marché des casques de réalité augmentée atteindra les 40 milliards de dollars et pour Kevin Kelly, fondateur de Wired, « la réalité virtuelle sera la prochaine plateforme dominante après les smartphones ». Et en 2025, le métier de designer d’habitats virtuels sera très prisé. Compétences : capacités de narration d’un designer de jeux-vidéo, connaissances en psychologie cognitive et en sciences du comportement, appréciation de l’espace d’un architecte pour pouvoir imaginer et développer des mondes virtuels entiers.

Une gamme de nouveaux métiers

Microsoft voit aussi un brillant avenir pour les représentants légaux de l'éthique technologique (ceux qui vont négocier les rapports des humains avec les humains), les chroniqueurs culturels numériques (au cours des quatre prochaines années, Instagram comptera par exemple 26,9 millions de nouveaux membres et en 2025, ceux qui maîtriseront les codes de ce langage imagé seront très recherchés), les freelances biohackers (l’avenir pour les scientifiques amateurs désireux d’expérimenter tous les champs de la génétique) ou les créateurs des données pour l’Internet des Objets (ceux qui vont mesurer notre santé, nos rythmes de sommeil et surveiller notre quotidien).

Robotisation ne rime pas forcément avec destruction d’emplois

Manpower s’intéresse à un avenir encore plus proche, mais assez flou : les robots et leur place dans « La France qui vient ». La France qui vient est une série de débats de haut vol organisés pour la deuxième année consécutive avec HEC et qui a pour but de montrer que la France du futur est déjà là. L’un des débats part par exemple de l’idée émise par France Stratégie que «ce n’est pas parce qu’une activité est robotisée qu’elle peut se dispenser de salariés ! L’industrie automobile allemande est une des plus robotisées au monde. Pourtant, elle emploie 100 000 salariés de plus qu’il y a vingt ans. On est loin ici du remplacement ! ». Pour France Stratégie comme pour Manpower, la destruction d’emploi amenée par la robotisation est donc largement surestimée. La multiplication des robots dans tous les secteurs et à tous les niveaux de l’entreprise pourrait au contraire entraîner d’énormes besoins en termes d’emplois. D’où la nécessité de prévoir la demande d’emplois, de former en conséquence et d’accompagner les talents dans ce domaine prometteur et qui peine déjà à recruter, …pour une robotisation qui ne laisse personne sur le bord de la route.

Data scientists, le futur est là

Mais l’avenir est plus proche que jamais pour certains métiers du futur : Data scientist et responsable de la sécurité des SI sont d’ores et déjà des métiers star si l’on en croit un rapport du cabinet Robert Half que recense L’Usine Digitale. D’un côté, les responsables de la sécurité des informations sont en train de gagner en légitimité dans les organisations et sont pratiquement au niveau des DSI, de l’autre le data scientist est définitivement le métier star. Celui qui traque et analyse la donnée est d’autant plus une star dans les entreprises que son talent est rare et recherché, car " il est aujourd'hui assez rare de dénicher des profils capables à la fois d'analyser du déclaratif et du comportemental et également de mettre en perspective ces résultats pour les prises de décision marketing et/ou business", selon Christophe de Bueil de Robert Half Digital.

AC