De l’école à l’usine et de l’usine à l’école

Renault forme désormais ses salariés à produire intelligemment et sans gaspillage et accueille désormais des apprentis pour les préparer à travailler dans l’usine du futur.

Pour Renault, l’innovation technologique s’accompagne aussi par l’innovation pédagogique. C’est pourquoi la marque automobile a créé cette année une école internationale du « Lean Manufacturing ». Autrement dit, une école de l’amélioration continue. Destinée à l’ensemble des dirigeants du groupe, elle est également ouverte aux clients externes afin d’apprendre à produire sans gaspillage, en réduisant les en-cours et les activités inutiles, tout en améliorant l’ergonomie au poste de travail. Les formations, très concrètes, proposées dans le cadre de cet apprentissage par l’expérimentation portent à la fois sur la maîtrise des flux, l’amélioration des coûts, l’optimisation de l’espace et des stocks, la maîtrise de la qualité ou le management au quotidien. « Cela permet de former aussi bien des directeurs d’usine que des chefs d’atelier afin qu’ils vivent comme les opérateurs qu’ils encadrent » a précisé Karine Conté, directrice de l’école de Flins et responsable développement des compétences manufacturing Renault, lors de la conférence Smart manufacturing Paris Saclay sur l’Usine du Futur.

Créée dans le cadre d'un projet commun avec Renault Consulting, cette école a ouvert ses portes au sein du centre organisateur mondial des métiers de la fabrication de Renault, le Global Training Center (GTC). Centre novateur, le GTC, ou Ecole de la Fabrication, installé à Flins, a été implantée pour permettre une standardisation des compétences des salariés à travers le monde. Un investissement de 3,2 millions d’euros sur trois ans pour dispenser, en 2014, près de 100 000 heures de formation via 660 modules. Elle intervient à la fois pendant la vie professionnelle en favorisant les parcours de reconversion interne qualifiants et des formations spécifiques qu’en amont de la vie professionnelle. Contrats d’insertion, contrats de qualification, stages et apprentissage de tous niveaux (du CAP au Doctorat), autant d’outils à la disposition des jeunes pour se former au savoir-faire du constructeur automobile tout en acquérant une culture de la mobilité. Une formation dispensée à la fois par des méthodes classiques, en présentiel, mais aussi par des e-learning tutorés, des serious game ou des VOOC (Vocational Open Online Courses), soit des formations professionnelles ciblées. Elle prévoit 800 contrats d’insertion en France d’ici 2016.

Une façon pour Renault, avant même le lancement du plan « Usine du Futur » de consolider sa base industrielle.

Cécile Antoine