Dépenses de formation : cap sur les demandeurs d’emploi

En hausse de 4,1%, les dépenses de formation en faveur des demandeurs d’emploi ont connu une nette progression en 2014, comme l’atteste une récente étude de la Dares (*).

Tous financeurs confondus, entreprises, Régions, Etat, UNEDIC, Pôle emploi… et ménages, la dépense nationale consacrée à la formation professionnelle continue et à l’apprentissage (1) atteint en 2014 31,6 milliards d’euros, soit 1,5% du PIB (+ 0,9% par rapport à 2013), retrouvant ainsi son niveau d’avant la crise de 2008. L’impulsion gouvernementale et les plans « formations prioritaires des demandeurs d’emploi » ne seraient pas étrangers à cette dynamique. Philippe Zamora, sous-directeur en charge du suivi des politiques d’emploi et de formation à la Dares confirme : « depuis la création du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels en 2009, les partenaires sociaux ont progressivement orienté de plus en plus de fonds vers la formation des demandeurs d’emploi ».

Les entreprises, principal financeur

Les entreprises demeurent le principal financeur avec 14,3 Md€ (45,2% de la dépense globale), les régions conservent la deuxième place avec 4,5 Md€  (14,2%) et l’Etat la troisième avec  3,7 Md€ (11,8%). Par rapport à 2013, la dépense des entreprises augmente (+3,6%) mais elle baisse pour les régions (-1,7%) et l’Etat (-3,7%). Assurant 6,7% de la dépense globale, l’Unédic, Pôle emploi ainsi que des administrations publiques occupent, quant à eux, la quatrième place. La dépense des fonctions publiques d’Etat, territoriale et hospitalière pour la formation de leur personnel, représentant 17,4% de la dépense totale de formation, est en léger repli (-1,7%). Enfin, la dépense des ménages, constituée d’achats de formation à titre individuel, est dynamique (+1,5%) mais dans une moindre mesure que les années précédentes. Elle contribue à hauteur de 4,3% à la dépense globale.

Représentant 42,8% des bénéficiaires, les actifs occupés du secteur privé sont toujours les principaux bénéficiaires des fonds de la formation professionnelle continue et de l’apprentissage. Presque 24% de la dépense va aux jeunes et 15% aux demandeurs d’emploi.

Deux plans de formations prioritaires

Fait notable, « dans un contexte de hausse du chômage, l’effort de formation en faveur des personnes en recherche d’emploi est en hausse », précise la Dares. En 2014, tous financeurs confondus, la dépense progresse pour les personnes en recherche d’emploi (+ 4,1%) et pour les actifs occupés du secteur privé (+ 2,9%), et diminue pour les dispositifs ciblés pour les jeunes et les agents du secteur public, respectivement – 2,1% et – 1,6%. Ainsi, les financements des entreprises pour ce public, via les Opca et les appels à projet du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP), poursuivent leur croissance de façon soutenue et atteignent 771 millions d’euros (+ 11,6%). La contribution des entreprises a plus que doublé par rapport à 2008 et atteint 16,1% de la dépense totale pour ce public.

Des plans de formations prioritaires pour les demandeurs d’emploi ont en effet été déployés, pour répondre aux critiques récurrentes sur les difficultés d’accès à la formation d’une population pourtant moins qualifiée que la population active dans son ensemble. « La moitié des formations vise la certification », souligne Philippe Zamora. Une évolution qui devrait s’amplifier selon lui, notamment avec l’utilisation du compte personnel de formation (CPF) mis en place en 2015.

A eux seuls, l’Unédic et Pôle emploi (5,9% de la dépense globale) ont augmenté en un an leurs dépenses de 5,6% —à 1,8 milliards d’euros— en ce qui concerne la formation des personnes en recherche d’emploi. Après avoir diminué en 2013, la rémunération de formation de Pôle emploi (RFPE), versée aux personnes en recherche d’emploi non indemnisées, augmente de 35% en 2014 et atteint 132 millions d’euros. Cette hausse est en lien avec la progression du nombre de bénéficiaires (+38% entre fin décembre 2013 et fin décembre 2014). Alors, la formation des demandeurs d’emploi restera-t-elle une priorité du nouveau gouvernement ? L’annonce par le Premier ministre d’un plan de 15 milliards d’euros en faveur de la formation, notamment des jeunes peu qualifiés est plutôt encourageant.

(*) La dépense nationale pour la formation professionnelle continue et l’apprentissage en 2014, Dares Résultats, n° 041, juin 2017

(1) Les dépenses de formation comprennent les coûts des formations, les dépenses de rémunération des stagiaires et les frais d’investissement

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