La forte vitalité des créateurs d’entreprises dans les Zones Urbaines Sensibles (ZUS)

Les créateurs d’entreprises des quartiers en difficultés ont le même profil que partout ailleurs et leurs entreprises sont plutôt plus saines. Mais ils ont une grande difficulté, selon BPI France et Terra Nova à se faire financer. 

Les Zones Urbaines Sensibles ne sont pas des « no man's land » entrepreneuriaux. Dans les ZUS, ces territoires prioritaires de la politique de la ville, on trouve, selon BPI France, environ 280 000 entreprises. BPI France et Terra Nova en ont analysé très précisément 76 735. Toutes n’ont pas forcément été créées par des entrepreneurs de quartier. Certaines sont créées par des gens de l'extérieur qui s’y installent aussi pour des facilités foncières. Ou à l'inverse, certains issus de cette zone vont fréquemment créer leur entreprise un peu plus loin, hors de la ZUS mais dans le même bassin d'emploi. Il n’empêche que ces 76 735 entreprises créées et analysées donnent un portrait fiable des entrepreneurs de ces zones et bat en brèche bon nombre d'idées reçues.

Le profil du créateur en ZUS

Les créateurs ou créatrices ont moins de 40 ans et, très souvent, moins de 30 ans. Ce sont des digital native pour la plupart. Ils ont en commun, explique BPI France, une volonté de se réaliser par la création d’entreprises, sont branchés sur les réseaux sociaux et développent leur notoriété et leurs communautés d’internautes par ces vecteurs et « réalisent des activités traditionnelles avec des outils nouveaux ». Les femmes sont moins représentées dans cette population et, tendance inquiétante, leur proportion tend à diminuer au cours des 5 dernières années, même si, parmi les moins de 30 ans, les femmes entrepreneures sont plus nombreuses. Dans les quartiers hors ZUS, les services aux particuliers représentent 17 % des activités des femmes entrepreneures. Dans les ZUS, la part y est de 30 %.

Les entrepreneurs des quartiers sensibles sont diplômés, et ont le plus souvent un niveau Bac, 47% étant à Bac +2. Les femmes entrepreneures qui résident dans les quartiers sensibles ont suivi des études supérieures dans les mêmes proportions que les femmes entrepreneures hors ZUS et 44 % d’entre elles ont obtenu au moins un diplôme de niveau Bac +2. Les femmes entrepreneures des quartiers sensibles sont presque aussi diplômées que celles qui résident dans des quartiers hors ZUS.

Le chômage n'est absolument pas leur raison première pour créer leur entreprise. Ils veulent être leur propre patron, ne pas avoir de chef et gagner plus d’argent : 84 % sont actifs au moment de la création et 69 % sont salariés.

Leur souci ? Le financement

Leurs ressources personnelles sont la première source de financement au lancement de l’entreprise (90 %) et ils ont également recours à la « love money» (cercle familial, amical). Dans 45 % des cas, l’investissement initial est compris entre 5 000 et 30 000 €. Les subventions et aides publiques à la création ont connu une baisse significative dans les services de financement mentionnés par les entrepreneurs. Au moment de la création de l’entreprise et de son lancement, les entrepreneurs sont très peu enclins à emprunter. Ils ne veulent pas prendre le risque de l’endettement avant d’avoir atteint une certaine taille. De plus, s’ils sont sur des activités de services aux entreprises, le capital initial ne doit pas être très élevé. Par la suite, l’ouverture de leur capital est envisagée et il n’est pas rare que des entrepreneurs des quartiers qui ont réussi, prennent des parts dans les plus jeunes entreprises des quartiers.

L’accès aux financements est néanmoins la principale difficulté rencontrée pour 43 % d'entre eux. « Contrairement aux idées reçues, ce sont les plus petites entreprises des ZUS, les moins de 10 salariés, qui disposent du meilleur score crédit de l’Association française des crédit managers et conseils. Ces scores reflétant une bonne santé financière. Pourtant la difficulté à accéder aux financements est plus importante qu'ailleurs.

JPG

 

Restons Connectés

Qui sommes-nous ?

Qui sommes-nous ?