La montée en compétences, une conséquence de la robotisation industrielle

La robotisation et la digitalisation transforment les métiers de l’industrie. Face à ces mutations, la formation des salariés est essentielle.  

Dans les années 80, les robots ont commencé à remplacer les muscles des hommes. Avec la nouvelle vague digitale, pourraient-ils remplacer leurs cerveaux ? Grâce à l’intelligence artificielle, de plus en plus de tâches intellectuelles répétitives comme la comptabilité ou le télémarketing sont pris en charge par les outils numériques. D’après une étude du cabinet Roland Berger publiée en 2014, 42% des emplois français seront ainsi détruits par la numérisation d’ici 20 ans.

De nouvelles perspectives d'évolution

Cette automatisation des tâches a cependant une conséquence positive : la montée en compétences des salariés, à tous les niveaux. Pour les plus qualifiés d’entre eux, tels les ingénieurs, de nouveaux métiers apparaissent autour de l’économie de la donnée. De nombreux spécialistes du big data sont ainsi embauchés pour analyser et sécuriser les données sensibles de l’entreprise. De plus en plus de techniciens sont également recrutés pour assurer de nouvelles missions comme superviser l’activité des machines connectées. A l’échelon encore inférieur, les ouvriers sont quant à eux, tenus de maîtriser les interfaces numériques de machines qui ne cessent d’évoluer. « A l’avenir, n’importe quel salarié devra savoir faire de la programmation », souligne Thibault Bidet-Mayer, chef de projet pour le think tank La Fabrique de l’industrie. Selon lui, les tâches de conception, de pilotage ou de maintenance vont remplacer les tâches exécutives. Résultat, l’organisation du travail va devoir évoluer en faveur de plus d’autonomie et de responsabilité des salariés. Aux yeux de nombreux experts, la révolution numérique signe donc la fin du taylorisme et du fordisme.

La formation, un enjeu stratégique

Pour accompagner ces évolutions, la formation continue des salariés est indispensable. Problème, « globalement, les entreprises ne sont pas suffisamment réactives sur ce point », se désole Tahar Melliti, directeur de Alliance Industrie du Futur, qui réunit les organisations professionnelles de l’industrie et du numérique. Pour autant, certaines sociétés sont particulièrement impliquées dans la formation digitale de leurs collaborateurs. Comme le groupe Socomec, spécialisé dans l’énergie électrique. « L’important, c’est l’acculturation digitale », analyse Tristan Colas, son directeur de la formation. L’été dernier, le groupe a mis en place un « digital campus » avec des campagnes d’informations sur le big data et les réseaux sociaux via une plateforme e-learning. Pendant leur pause-déjeuner, les salariés ont pu également profiter des « digital café » au cours desquels une start-up est notamment venue présenter ses vélos connectés. Enfin, tous les salariés peuvent développer durant l’année leurs compétences digitales à la Socomec Academy, un centre de formation qui associe e-learning et présentiel.

Écoles, académies et autres organismes de formation

Une autre entreprise fait également figure de modèle en la matière. Il s’agit du groupe Schmidt, premier fabricant français de cuisine. L’entreprise, qui s’est fortement digitalisée ces dernières années, a choisi d’investir massivement dans la formation de ses salariés, à hauteur de 6% de la masse salariale. La société alsacienne a notamment mis en place des programmes de formation interne pour former des conducteurs de machines. D’autre part, la DRH a créé une école de robotique. À la grande fierté de Geneviève Andrès, Responsable Emplois & Talents, la révolution numérique que vit le groupe n’a conduit à aucun licenciement.

Lou-Eve Popper

  • Evolution des relations de travail dans les entreprises, gestion des ressources humaines, décryptage des tendances...retrouvez chaque semaine sur Emploi Parlons Net un article écrit en partenariat avec la rédaction de Liaisons Sociales.

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