La préparation opérationnelle à l’emploi, vrai levier de retour à l’emploi

Les employeurs qui ne parviennent à recruter peuvent bénéficier d’une aide, en amont de l’embauche, pour former des demandeurs d’emploi. Un dispositif qui a fait ses preuves. 

C’est un paradoxe. De nombreuses entreprises ne trouvent pas chaussures à leurs pieds alors qu’en face, plus de six millions de chômeurs cherchent du travail. Bien souvent, le manque de formation des candidats est un frein sérieux au recrutement. Pour pallier cette difficulté, Pôle emploi a mis en place un dispositif encore peu connu : les préparations opérationnelles à l’emploi (POE). Créées en 2009 à l’initiative des partenaires sociaux, les POE ont pour objectif de former tout demandeur d’emploi inscrit à Pôle emploi afin qu’il puisse acquérir les compétences requises pour postuler à une offre. La formation, de 400 heures maximum, est entièrement prise en charge par Pôle emploi et les OPCA (Organisme Paritaire Collecteur Agréé). La POE individuelle répond au besoin particulier d’un employeur qui recrute. Dans ce cas, l’employeur s’engage, à l’issue de la formation, à embaucher le demandeur d’emploi en CDI ou en CDD de 12 mois minimum. Il n’y a, en revanche, pas d’obligation de ce type dans le cadre d’une POE collective qui, pour sa part, répond aux besoins d’un secteur ou d’une branche en tension.

C’est le cas de celle des agents de sécurité. Jean-Michel le Houérou, Directeur de la sécurité du stade de Guingamp, a fait, il y a deux ans, le constat suivant : il n’y a pas assez de femmes dans le personnel de sécurité. « Elles n’osent pas », explique-t-il. Pourtant, d’après lui, « les femmes sont bien meilleures que leurs collègues masculins lorsqu’il s’agit de gérer des conflits ».  En octobre 2015, ce dernier a réunit plusieurs partenaires parmi lesquels Pôle emploi, la région Bretagne et l’OPCALIA pour mettre en place une POE collective destinée exclusivement aux femmes. Le jour de l’information collective, près de 40 femmes se pressent à Pôle emploi pour découvrir les métiers de la sécurité. Jean-Michel Le Houérou, qui dirige par ailleurs Procom, un centre de formation pour agents de sécurité, en sélectionne douze. « Nous ne recherchons pas de profil particulier. Ce qui compte, c’est avant tout la motivation », explique-t-il.  

Lucie Le Corvoisier, 33 ans à l’époque, fait partie des heureuses élues. Il s’agit pour elle d’une reconversion professionnelle : auparavant, la jeune femme était ambulancière. « Avant la réunion, je n’avais pas du tout imaginé faire ce métier », assure-t-elle. En janvier 2016, elle débute un cycle de formation de 140h, soit un mois complet. Au programme : gestion de maîtrise de l’individu, cours de droit et secourisme. À la fin de la formation, Jean-Michel le Houérou organise un job dating avec plusieurs sociétés de sécurité privé partenaires. Toutes ont pris les CV des femmes présentes. Résultat, à l’issue de la POE, 70% des femmes ont été embauchées, 2 en CDI et le reste en CDD. C’est le cas de Lucie, qui a été embauchée pour un CDD de trois mois par la société ACS. Depuis, Lucie signe régulièrement des ordres de missions pour sécuriser les matchs, les concerts ou encore les festivals bretons. C’est un travail à mi-temps mais assumé : «  Je veux pouvoir profiter de mes enfants », assure-t-elle. Pour la jeune femme, cette formation a donc été un véritable tremplin professionnel.  

Elle n’est pas là seule. Près de 50 000 personnes ont été concernées entre 2015 et 2016. Au cours de ces deux années, les POE ont affiché un très bon retour à l’emploi, avec près de 80% des bénéficiaires embauchés à la suite de leur formation. Un outil qui gagne donc à être connu. 

Lou-Eve Popper

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